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FRANCE

Mutinerie, saccages : graves violences de gens du voyage en Isère et en Savoie

Des carcasses de voitures brûlées sur les voies ferrées, à Moirans, près de Grenoble, le 20 octobre.
Des carcasses de voitures brûlées sur les voies ferrées, à Moirans, près de Grenoble, le 20 octobre. AFP
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Vidéo par : FRANCE 2
5 mn

Des dizaines de gens du voyage ont été à l’origine de violents incidents, mardi, à Moirans, en Isère ainsi qu’à la prison d’Aiton en Savoie. Ils réclamaient la sortie de prison de deux hommes pour qu'ils puissent assister à des obsèques.

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De violents incidents ont éclaté, mardi 20 octobre, à Moirans près de Grenoble en Isère et à la prison d’Aiton, en Savoie avant un retour au calme dans la soirée. Voitures brûlées, mutinerie dans le centre pénitentiaire d’Aiton, obstruction de voies SCNF... Selon toute vraisemblance, les deux incidents étaient liés.

Mais que s’est-il passé ? Selon les autorités, une dizaine de personnes issues de la communauté des gens du voyage n’auraient pas supporté l’interdiction de sortie de prison de deux des leurs - incarcérés à la prison d'Aiton - pour assister à un enterrement. "Les manifestants [réclamaient] la libération de deux personnes incarcérées pour pouvoir assister aux obsèques d'un proche qui auront lieu [ce] mercredi [27 octobre]", a ajouté la préfecture.

L’un des détenus en question n’est autre que le frère de la victime, un jeune homme de 17 ans tué lors d’une sortie de route à bord d’une voiture volée après avoir commis un cambriolage dans la nuit de vendredi à samedi.

Des détenus détruisent les serrures de leurs cellules

D’après Franck Longo, le directeur de cabinet du maire de Moirans, une centaine de manifestants ont alors bloqué en début d’après-midi la gare de la ville de Moirans "avec des barres en fer […] Autour, il y a eu de lourds saccages, notamment le restaurant attenant à la gare. Sur les voies SNCF, ils ont fait brûler des voitures". La route départementale D1085 a également été bloquée "par une trentaine de personnes qui [ont brûlé] des palettes et des […] voitures sur la chaussée".

Dans la prison d'Aiton, à 100 kilomètres de là, c’est aussi la panique. Selon Pascal Gaudot, du syndicat UFAP, les incidents ont débuté vers 17h00. Une vingtaine de détenus (sur les 180-190 de l'établissement) ont mis le feu à leur coursive et détruit les serrures de leurs cellules. Une équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris), venue de Lyon et spécialisée dans le rétablissement de l'ordre dans les prisons, avait été dépêchée sur place.

"Diriger les opérations avec fermeté"

Le préfet de l'Isère, Jean-Paul Bonnetain, a indiqué à l'AFP avoir reçu "des consignes pour diriger les opérations avec fermeté", que son objectif était de "récupérer le terrain" et "rétablir la circulation".

Aucune interpellation n'a été effectuée pour l’heure, a expliqué Jean-Paul Bonnetain. "L'exploitation des données, notamment celles fournies par un hélicoptère qui a survolé les incidents, permettra" des identifications.

Le préfet a ajouté qu’il n’y aurait pas "de responsabilité collective" car, si "dans cette communauté (...) certains ont commis des actions inqualifiables, d'autres [gens du voyage] étaient contre l'expression de cette violence", a-t-il tenu à préciser.

"Ça ne s'arrêtera pas là"

"Face aux violences inadmissibles commises à Moirans, une seule réponse : la fermeté", a tweeté le Premier ministre Manuel Valls. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a, de son côté, "félicité les gendarmes, les policiers et les sapeurs-pompiers" qualifiant les "exactions" d'"inadmissibles".

Mercredi, un escadron de police surveillait de près leur camp, situé en contre-bas de la gare. Les autorités craignent un nouvel accès de colère. "Les obsèques se tiendront aujourd'hui [mercredi 27 octobre] à 14h00 à l'église de Moirans. Des forces de l'ordre seront donc déployées aussi en centre-ville, ce qui n'était pour l'instant pas le cas", a annoncé Franck Longo.

"[...] Si le juge ne donne pas l'autorisation [de sortie des détenus pour les obsèques], ça ne s'arrêtera pas car c'est une question de respect", a menacé un jeune homme de la communauté des gens du voyage.

Cette explosion de violence rappelle ce qui s'est passé fin août dans la Somme lorsque des gens du voyage avaient bloqué la circulation sur l'autoroute A1 pour demander que le fils d'une victime d'une fusillade, incarcéré, puisse assister aux funérailles de son père.

Avec AFP

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