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Bolivie : Evo Morales, président à la longévité record, vise un quatrième mandat

Le président bolivien célèbre son record de longévité, le 21 octobre 2015, lors d'une cérémonie indigène.
Le président bolivien célèbre son record de longévité, le 21 octobre 2015, lors d'une cérémonie indigène. Aizar Raldes, AFP

Le président bolivien, Evo Morales, qui vient de célébrer son record de longévité à la tête du pays, entend amender la Constitution pour briguer un quatrième mandat. Le dirigeant avait déjà eu recours à ce procédé en 2009.

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Le plus ancien chef d'État en exercice sur le continent américain, le président bolivien Evo Morales, est en passe de changer la Constitution afin de briguer un quatrième mandat.

Fin septembre, une loi prévoyant de supprimer la limite du nombre de mandats présidentiels – pour l’instant limités à trois – a été adoptée par plus des deux tiers des députés. Pour entrer en vigueur, elle devra être ratifiée lors d’un référendum, prévu en février 2016, par une population largement acquise au président : la côte de popularité d’Evo Morales atteignait 75 % en août dernier et le vote est obligatoire en Bolivie.

En cas de victoire du "oui", le dirigeant bolivien sera en mesure de briguer un quatrième mandat et a déjà fait savoir qu’il serait candidat à la présidentielle de 2019. Cela lui ouvrirait la voie pour diriger la Bolivie au moins jusqu'en 2025.

En matière d’amendement de Constitution, Evo Morales n’en est pas à son coup d’essai : en 2009, il avait déjà révisé, à l’aide aussi d’un référendum, le nombre maximum de mandats présidentiels, alors limité à deux, et avait ainsi pu se représenter en 2014. Peu après son élection, cet ancien producteur de coca avait affirmé qu’il ne se représenterait plus.

Président depuis neuf ans, huit mois et 27 jours, un record

En parallèle de ces manœuvres politiques autour de la Constitution, Evo Morales, au pouvoir depuis le 22 janvier 2006, a célébré, mercredi 21 octobre, son record de longévité à la tête du pays. Celui qui est aussi le plus ancien chef d’État en exercice sur le continent américain a battu le record jusque là détenu par le Maréchal Andrés de Santa Cruz, président de la Bolivie durant neuf ans, huit mois et 26 jours entre 1829 et 1839.

"Aujourd'hui, nous avons dépassé ce record. Nous sommes ici pour rendre hommage au processus de changement, à notre peuple, et à ce virage engagé depuis maintenant neuf ans, huit mois et 27 jours", a lancé d’un ton triomphant celui qui fut le premier Indien à la tête du pays, depuis le complexe religieux pré-inca de Tiwanaku, centre spirituel et lieu sacré situé à 3 800 mètres d'altitude. Pour l’occasion, les célébrations ont commencé dès l'aube et le discours officiel a été précédé d'une cérémonie religieuse.

Toutefois, Evo Morales se dit désintéressé par le pouvoir à long terme et se défend régulièrement de vouloir conserver ses fonctions suprêmes coûte que coûte. Assurant qu’il n’est "pas question de rester éternellement" au pouvoir, il a indiqué fin septembre qu’il quitterait sans problème son poste mais que ses partisans le poussaient à rester en place.

En 2014, il avait par ailleurs évoqué avec envie sa future retraite en 2020 dans le Chapare, région tropicale de la Bolivie. "J’ouvrirai un restaurant où je serai serveur. La nourriture ne sera pas chère, mais il faudra payer pour me prendre en photo !", avait-il prédit.

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