Accéder au contenu principal

Marine Le Pen annonce qu'elle ne participera à l'émission de France 2

Marine Le Pen invitée sur France 2, en juin 2011.
Marine Le Pen invitée sur France 2, en juin 2011. Bertrand Guay, AFP

Marine Le Pen a annoncé jeudi qu'elle ne participerait pas à "Des Paroles et Des Actes" sur France 2. Jean-Christophe Cambadélis et Nicolas Sarkozy avaient décidé de saisir le CSA pour protester contre cette invitation de la présidente du FN.

Publicité

Marine Le Pen ne sera finalement pas l'invitée de l'émission politique de France 2 "Des Paroles et des Actes". La présidente du Front national a annulé jeudi 22 octobre en début de soirée sa participation, arguant qu'elle refusait de partciper à "cette mascarade qu'est devenue depuis quelques heures l'émission de M. Pujadas".

À la suite de cette annonce, la chaîne a choisi de déprogrammer l'émission de débat politique de jeudi.

Plus tôt, le président du parti Les Républicains (LR), Nicolas Sarkozy, et le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, avaient critiqué à l'unisson l'invitation de la responsable frontiste. À l’approche des élections régionales, la participation à l'émission de celle que les sondages donnent bien placée dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, n’est pas du goût de ses adversaires politiques.

Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Cambadélis, qui ont tous deux demandé au Conseil supérieur audiovisuel (CSA) d’intervenir, dénoncent la trop grande visibilité de la candidate FN sur les plateaux de télévision. Ils protestent notamment contre la cinquième invitation de Marine Le Pen sur 36 émissions de "Des Paroles et des Actes".

"Deux heures de publicité pour Marine Le Pen"

La pression n’a donc cessé de croître sur France 2. Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS a en effet envoyé une lettre à Nicolas Sarkozy, pour lui proposer de saisir conjointement le CSA sur le sujet. Dans l'entourage de l'ancien président de la République, on indique que les deux hommes "partagent la même analyse concernant cette affaire, c'est une violation manifeste de la règle républicaine de l'équité du temps de parole".

"Il n'est pas admissible que le service public fasse plus de deux heures de publicité pour Madame Le Pen au détriment des partis républicains représentés à l'Assemblée nationale, a écrit Jean-Christophe Cambadélis à Nicolas Sarkozy [...] Je crois qu'il faut porter un coup d'arrêt à la fascination, à la promotion morbide de l'extrême droite dans le pays." Finalement deux lettres seront envoyées, et non une conjointe, au CSA et à France 2.

L'initiative a réjoui le FN, qui accuse perpétuellement le PS et les "Républicains" de collusion : "Cambadélis veut s'allier à Sarkozy devant le CSA. Ils le font déjà aux élections", a raillé Louis Aliot, vice-président du FN sur Twitter.

Pour calmer la polémique, France Télévisions a décidé d'inviter Xavier Bertrand et Pierre de Saintignon pour se joindre à Marine Le Pen en deuxième partie d'émission pour un débat, à égalité de parole, sur les régionales. Tous deux avaient également saisi le CSA "en urgence" au sujet de l’émission. Xavier Bertrand avait envoyé une lettre à Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions.

Lettre à la présidente de France Télévision

Interrogation "tout à fait légitime", selon Valls

Mercredi, interpellé par le porte-parole de LR, Sébastien Huyghe, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, le Premier ministre Manuel Valls a jugé "tout à fait légitime" de s'interroger sur cette nouvelle invitation de Marine Le Pen à l'émission politique phare sur France 2, tout en assurant privilégier le "débat". Cette invitation à une heure de grande écoute intervient quelques jours avant que ne démarre l'obligation d'équité entre les candidats, le 26 octobre.

Le CSA a appelé, mercredi, les télévisions qui reçoivent des personnalités politiques "fortement impliquées" dans la campagne des régionales à donner "dès à présent" la parole à leurs concurrents, dans un communiqué publié à la veille de l'émission.

Le temps d'antenne du FN est monopolisé par Marine Le Pen et Florian Philippot - qui trustent les classements en nombre d'invitations -, mais il reste beaucoup plus faible que ceux du PS et des Républicains. "Ce parti n'a qu'un leader à l'envergure nationale suffisante pour le représenter dans une telle émission, là où le PS ou Les Républicains partagent leur temps de parole en plusieurs voix", avait justifié dans "L'Obs" David Pujadas, présentateur vedette du rendez-vous politique de France 2.

Avec AFP et Reuters

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.