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Pologne : la droite conservatrice donnée favorite pour les législatives dimanche

La candidate du parti Droit et justice (PiS) Beata Szydlo lors d'un meeting de campagne, le 22 octobre 2015 à Varsovie.
La candidate du parti Droit et justice (PiS) Beata Szydlo lors d'un meeting de campagne, le 22 octobre 2015 à Varsovie. Janek Skarzynski, AFP

Les Polonais votent dimanche pour renouveler leur Parlement. Les sondages donnent le parti conservateur Droit et justice, de l'ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, en tête. Ce qui pourrait compliquer les relations entre la Pologne et l'Europe.

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Après avoir cédé le pouvoir en 2007 aux libéraux, la droite conservatrice et proche de l'Église catholique semble bien placée pour prendre à la tête du prochain gouvernement polonais, à l'issue des élections législatives, dimanche 25 octobre.

Selon les derniers sondages, le parti conservateur Droit et Justice (PiS) devrait arriver en tête avec entre 33 et 37 % des suffrages, tandis que le parti au pouvoir, Plateforme civique (PO), n'obtiendrait que 23 à 26 % des voix.

Un succès électoral marquerait le retour dans la sphère du pouvoir de Jaroslaw Kaczynski, Premier ministre de 2006 à 2007, qui avait formé avec son frère jumeau Lech, alors président de la République, un duo remarqué. Jaroslaw resterait en arrière-plan cette fois-ci : il a laissé Beata Szydlo, une députée discrète et au départ peu connue du grand public, mener la campagne. Peut-être pour faire oublier que son passage au pouvoir avait été marqué par un regain des tensions sociales.

Mais en tant que président du parti Droit et justice, l'ancien Premier ministre aura bien son mot à dire sur la politique du gouvernement.

Les libéraux usés par le pouvoir

Après huit ans dans l'opposition, le PiS a déjà amorcé son retour au pouvoir avec l'élection à la présidence de la république d'Andrzej Duda, ancien conseiller juridique de Lech Kaczynski, en mai dernier.

Pour Frédéric Zalewski, enseignant en sciences politiques à Paris-X et spécialiste de la Pologne, les conservateurs profitent de l'"usure" de Plateforme civique (PO), au pouvoir depuis huit ans. "PO peut mettre en avant les bons résultats économiques du pays, mais les fruits de la croissance sont inégalement partagés, alimentant le discours socialisant du PiS, qui a multiplié les promesses", explique le spécialiste, interrogé par France 24.

La croissance économique de la Pologne a en effet progressé de 24 % depuis que Plateforme civique est au pouvoir, mais tous les Polonais n'en profitent pas, notamment les populations à faible niveau d'éducation ou dans les petites villes.

>> À voir sur France 24 : "Pologne : la coalition au pouvoir risque de perdre les élections"

Le PiS a promis des baisses d'impôts et de l'âge de la retraite, ainsi qu'une hausse des allocations familiales, ce qui a trouvé écho chez ces électeurs, plutôt rebutés par la ligne d'austérité tenue jusqu'ici par la présidente du Conseil des ministres, Ewa Kopacz. La chef du gouvernement actuel rappelle que la croissance polonaise a été possible parce que les finances du pays sont restées stables.

La crise des migrants profite au PiS

Le parti de Jaroslaw Kaczynski a également su tirer profit de la crise migratoire. Ses candidats ont tiré à boulets rouges sur le gouvernement, qui a validé le principe européen des quotas et accepté que la Pologne accueille plus de 7 000 migrants.

"La Pologne est un pays qui exporte beaucoup de migrants, autant le phénomène d'arrivée d'un grand nombre de migrants est un fait nouveau qui fait peur", souligne le politologue Artur Borzeda, invité sur le plateau de France 24. Jaroslaw Kaczynski en a joué, usant d'arguments xénophobes : il a récemment affirmé que les migrants avaient ramené le choléra, la dysenterie et les parasites en Europe.

Des positions qui augurent de relations plus compliquées entre l'Union européenne (UE) et Varsovie en cas de victorie du PiS. Lorsqu'il était président du Conseil des ministres, Jaroslaw Kaczynski avait réussi à se brouiller avec Berlin notamment, comparant la République fédérale à l'Allemagne des années 1930.

Les hypothèses d'un front dur anti-UE mené par la Pologne et la Hongrie de Viktor Orban, ne se vérifieront pas forcément, estime Frédéric Zalewski, pour qui la Pologne est solidement enracinée dans l'UE. Selon lui, Varsovie tient également beaucoup à faire bon usage des fonds structurels européen. L'expert "doute qu'un gouvernement prenne le risque de conduire une politique qui les mette en péril".

Quels partis pour quelle coalition ?

L'inconnue demeure cependant l'avance dont disposera le PiS sur les autres partis dimanche soir, et qui sera déterminante dans le jeu des coalitions. Le parti de Kaczynski ne devrait en effet pas obtenir la majorité absolue des 460 sièges à la diète et devra trouver un ou des alliés pour gouverner.

D'autant que la campagne a été marquée par la multiplication des petits partis qui vont fragmenter le vote, comme le mouvement Kukiz'15, un parti anti-système créé par l’ancienne star du rock Pawel Kukiz. La coalition de la Gauche unifiée, menée par Barbara Nowacka, a, elle, évoqué une possible association des partis pro-européens comme dernier rempart contre la ligne Kaczynski.

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