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Congo-Brazzaville : les Congolais votent dans une ambiance lourde pour le référendum constitutionnel

Un Congolais porte un tee-shirt "Je vote oui" à l'extérieur d'un bâtiment où se tient un meeting, à Brazzaville le 24 octobre 2015.
Un Congolais porte un tee-shirt "Je vote oui" à l'extérieur d'un bâtiment où se tient un meeting, à Brazzaville le 24 octobre 2015. AFP

Au terme d'une campagne marquée par des violences meurtrières, les Congolais se prononcent dimanche pour ou contre une nouvelle Constitution qui permettrait au président Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2016.

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Au Congo-Brazzaville, les électeurs congolais votent dimanche 25 octobre pour se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution qui autoriserait le président Denis Sassou Nguesso à se représenter en 2016. L'homme, qui a tenu les rênes de l'État entre 1979 et 1992, puis est revenu au pouvoir par les armes en 1997, cumule plus de 30 ans à la tête du Congo.

Depuis plusieurs mois, Denis Sassou Nguesso se présente comme "le messager de la paix" ou "le gardien de la démocratie". Le projet de loi soumis aux urnes permettrait de faire sauter les deux verrous qui empêchent actuellement le président de briguer un troisième mandat : la limite d'âge et celle du nombre des mandats présidentiels.

Ses opposants dénoncent un "coup d'État constitutionnel". Ils ont appelé les Congolais à "rejeter" le référendum, aux cris de "Sassou, Sassoufit" (jeu de mot sur le nom de l'actuel chef de l'État signifiant : "Sassou, ça suffit!"). Mais l'opposition est restée pratiquement silencieuse depuis jeudi soir.

Portrait : Denis Sassou Nguesso

La campagne référendaire s'est achevée vendredi dans une ambiance tendue et morose après plusieurs jours d'interdiction des rassemblements publics et des violences meurtrières qui ont ravivé dans l'opinion le spectre des épisodes de guerre civile ayant déchiré le pays entre 1993 à 2003.

Une fin de campagne morose

Dimanche matin, Brazzaville semblait déserte. Toute circulation automobile y était interdite à l'exception des véhicules des forces de l'ordre et de ceux bénéficiant d'un laissez-passer spécial de la police.

Au bureau de vote de Ouenzé (nord de Brazzaville), où sont inscrits 985 électeurs, seules quelques enveloppes blanches étaient visibles à travers l'urne transparente vers 7h45 (6h45 GMT). "Le premier électeur est passé à 7h15", a déclaré à l'AFP le chef du bureau sous le couvert de l'anonymat, ajoutant : "Généralement, ça commence toujours timidement et ça s'accélère dans l'après-midi."

"Climat de répression"

Depuis mardi, l'internet mobile, les SMS et le signal FM de la radio française RFI, l'une des stations les plus écoutées du pays, sont coupés.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme ou de la société civile ont dénoncé un climat de "répression" rendant impossible la tenue d'un scrutin dans des conditions démocratiques, alors que certains opposants sont assignés à résidence.

Pour l'Union européenne "les conditions actuelles de gouvernance électorale ne permettent pas un scrutin libre et transparent" au Congo.

À Paris, l'Élysée a rappelé que François Hollande souhaitait d'une manière générale "que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables". Le président français avait suscité une polémique, jeudi, en semblant soutenir l'initiative de Denis Sassou Nguesso. "Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit et le peuple doit répondre."

>> À lire aussi sur France 24 : "François Hollande soutient le "droit" d'organiser un référendum au Congo-Brazzaville"

Les bureaux de vote devaient fermer dimanche à 18h00 (17h00 GMT). Les résultats du référendum ne devraient pas être connus avant plusieurs jours.

Avec AFP

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