FOOTBALL

Présidence de la Fifa : l'UEFA présente son plan B en soutenant Infantino

Le secrétaire général de l'UEFA Gianni Infantino et le président Michel Platini, en février 2014.
Le secrétaire général de l'UEFA Gianni Infantino et le président Michel Platini, en février 2014. Valery Hache, AFP

Après avoir affirmé qu'elle apportait son soutien total à Michel Platini, l'UEFA appuie aujourd'hui la candidature de son n°2 Gianni Infantino à la présidence de la Fifa. Une manière de se couvrir si jamais le Français est définitivement hors-jeu.

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Les amateurs de football le connaissent très bien. Avec son crâne chauve facilement identifiable, Gianni Infantino est de tous les tirages au sort des grandes compétitions européennes. À 44 ans, le secrétaire général de la Confédération européenne de football est désormais dans la course pour la présidence de la Fifa. L’UEFA a annoncé lundi 26 octobre qu'elle apportait son soutien à la candidature de son numéro 2.

"Nous sommes convaincus que Gianni Infantino dispose de toutes les qualités requises pour relever les défis majeurs qui se présenteront et pour mener l'organisation sur la voie de la réforme afin de restaurer l'intégrité et la crédibilité de la Fifa", a ainsi expliqué l’UEFA dans un communiqué. Dans ce document, la Fédération européenne ne mentionne en revanche pas du tout Michel Platini, son président. Même s’il est actuellement suspendu pour 90 jours, elle l'avait assuré de son soutien "total" la semaine dernière. Comment expliquer ce revirement soudain?

"Pas beaucoup de signes d’espoir"

Selon Arnaud Ramsay, co-auteur d'une biographie de l'ancien international français, cette annonce peut avoir deux lectures différentes. "Soit on considère que c’est une trahison et qu’il s’agit d’un coup de grâce pour Michel Platini", explique-t-il à France 24, "Soit on imagine que Infantino, qui est le bras droit de Platini et très proche de lui, va incarner l’UEFA le temps de sa suspension et qu’il s’effacera si Platini peut revenir dans la course pour se présenter".

Suspendu en raison de doutes sur la légalité d’un versement de deux millions de francs suisses (1,8 million d'euros) reçus du président de la Fifa Joseph Blatter en 2011, l’ex-meneur de jeu des Bleus a maintenu sa candidature mais elle ne pourra être étudiée par la Fifa qu’à la fin de sa suspension, le 5 janvier prochain, alors que l’élection est prévue le 26 février. Une situation qui s’avère très inconfortable pour Michel Platini.

Alors qu’il faisait figure de favori pour succéder à Sepp Blatter, Arnaud Ramsay estime qu’il n’est pas totalement hors-jeu, mais qu’il n’en est pas loin : "Depuis un mois, il ne reçoit que des nouvelles négatives, entre l’affaire des deux millions d’euros de francs suisse, le fait qu’il ait été entendu par la justice, les soupçons de falsification de comptes émises par Domenico Scala [le président de la commission électorale ainsi que de la commission d'audit de conformité de la Fifa, NDLR], ou encore la candidature de Jérôme Champagne, l’un de ses ennemis intimes. Il n’y a pas beaucoup de signes d’espoir".

Pour ne rien arranger à cette situation l'un de ses deux appels contre sa suspension, celui en référé sur la forme a été rejeté, ont indiqué lundi ses avocats. La commission des recours de la Fifa doit encore statuer sur le fond de cette question.

Huit candidats en course

Les autres candidats ont jusqu’à minuit lundi pour se présenter à la présidence de la Fédération internationale et déposer leurs parrainages. En plus de Michel Platini et Gianni Infantino, six postulants sont pour l'instant sur les rangs : le prince jordanien Ali, demi-frère du roi Abdallah, l’homme d’affaire sud-africain Tokyo Sexwale, Jérôme Champagne, ancien secrétaire général adjoint de la Fifa, David Nakhid, ex-capitaine de la sélection nationale de Trinité-et-Tobagon, le Libérien Musa Bility et Cheikh Salman, membre de la famille royale du Bahrein.

Pour Arnaud Ramsay, aucun candidat ne sort pour l’instant du lot. Il note que le prince Ali, qui avait poussé Sepp Blatter à un second tour en mai dernier, pourrait être favori au niveau des pronostics, mais il "n’a pas un charisme débordant et n’est pas très connu". Selon lui, Tokyo Sexwale, un ancien compagnon de cellule de Mandela, qui a fait fortune et qui a été ministre, pourrait aussi représenter "la nouveauté". Quand aux autres candidats, mis à part le Cheich Salman, patron du football asiatique, ils devraient faire "de la figuration".

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