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Centrafrique : sept morts dans de nouvelles violences à Bangui

Non loin de l'avenue Boganda à Bangui, les manifestants ont posé des barricades.
Non loin de l'avenue Boganda à Bangui, les manifestants ont posé des barricades. Lassa Kossangué / Observateur de France 24

Au moins sept personnes sont mortes à Bangui dans des violences entre les ex-Séléka et les anti-balaka depuis lundi. Ce nouveau pic de violence fait suite à l'attaque d'une délégation de l'Union pour la paix en Centrafrique.

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Au moins sept personnes ont été tuées dans des violences à Bangui, en Centrafrique, depuis l'agression lundi de représentants d'une faction de l'ex-Séléka par des individus armés, a annoncé mardi 27 octobre le ministre centrafricain de la Sécurité, Dominique Saïd Panguindji.

"Le bilan provisoire est de 7 morts et un blessé, dont le pronostic vital est aujourd'hui favorable", a déclaré le ministre à la radio d'État. Il a précisé que quatre membres de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC, une des factions de l'ex-rébellion Séléka majoritairement musulmane) avaient été tués lors d'une agression et que des représailles contre des chrétiens avaient fait trois autres morts.

Selon le ministre, une délégation de l'UPC, basée à Bambari (centre) et dirigée par un ancien cadre de la Séléka, Ali Ndarass, était venue à Bangui pour participer - comme d'autres mouvements politiques, paramilitaires et de la société civile - à la concertation nationale avec les autorités de transition "afin d'examiner de manière consensuelle et pacifique toutes les voies de sortie de crise".

D'après une source militaire sous couvert d'anonymat, ce sont des miliciens anti-balaka, majoritairement chrétiens, qui ont attaqué le taxi à bord duquel se trouvait la délégation de l'UPC au quartier Combattant, sur la route de l'aéroport, avant d'enlever et de tuer ses occupants.

Leur "agression", selon le ministre, a servi de "détonateur" et par la suite, "de paisibles citoyens non musulmans qui se trouvaient dans le secteur du PK5 (quartier musulman et commerçant de Bangui) dans le cadre de leurs activités lucratives ont été malheureusement été pris à partie" et trois personnes ont été tuées, a-t-il ajouté.

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Des tirs sporadiques entendus mardi

Les habitants de Lakouanga, un quartier voisin du PK5, ont barricadé mardi les principales avenues menant au centre ville pour protester contre ces nouvelles violences. Les trois personnes tuées lors des représailles étaient des vendeurs d'eau potable habitant Lakouanga, selon plusieurs témoignages.

Des tirs sporadiques ont été entendus et des pillages de boutiques et de domiciles ont eu lieu, faisant fuir des dizaines d'habitants vers les quartiers environnants, a constaté un correspondant de l'AFP. Le calme était revenu en fin de journée, après le démantèlement des barricades par les forces internationales.

"Le gouvernement condamne cette violence inutile qui n'a pas d'autre but que d'instaurer la terreur et le chaos", a asséné le ministre.

Le renversement en mars 2013 du président Bozizé par la rébellion Séléka a plongé l'ex-colonie française dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014.

Des affrontements fin septembre à Bangui avaient fait 61 morts et plus de 300 blessés avant que les forces internationales (Casques bleus et soldats français) ne réussissent à rétablir le calme.

Le niveau des violences a baissé depuis mais de nombreux groupes armés continuent de sévir, ce qui a entrainé un nouveau report des élections dont le premier tour était prévu le 18 octobre.

AFP
 

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