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Législatives en Pologne : les eurosceptiques de Kaczynski remportent la majorité absolue

Jaroslaw Kaczynski, leader du parti Droit et Justice, victorieux des législatives en Pologne.
Jaroslaw Kaczynski, leader du parti Droit et Justice, victorieux des législatives en Pologne. Janek Skarzynski, AFP

Les conservateurs eurosceptiques du parti Droit et Justice de Jaroslaw Kaczynski reviennent au pouvoir, après leur victoire aux législatives polonaises du 25 octobre. Le pays renforce ainsi le camp des pays eurosceptiques.

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Les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS) de l'ex-Premier ministre Jaroslaw Kaczynski ont obtenu la majorité absolue au Parlement en Pologne, à l'issue des législatives de dimanche, dont les résultats définitifs ont été publiés mardi 27 octobre.

Le parti eurosceptique a remporté 37,6 % des voix, soit 235 des 460 sièges de la nouvelle assemblée. Depuis la fin du communisme et les premières élections libres de 1989, aucun parti n'avait signé un tel succès électoral en Pologne.

La Plate-forme civique (PO, droite libérale), au pouvoir depuis huit ans, n'obtient elle que 24,1% des voix, très loin des 39 % des scrutins obtenus il y a quatre ans. Les libéraux ne disposent plus que de 138 sièges.

Un virage conservateur

La victoire du PiS aux législatives marque un virage conservateur dans ce pays de 38 millions d'habitants et propulse la Pologne, membre de l'UE et de l'Otan, dans le camp des forces eurosceptiques qui surfe sur la crise migratoire.

"La Pologne renforce le camp des pays eurosceptiques, comme le Royaume-Uni, qui cherchent à réformer l'Union européenne, à relâcher ses liens internes", déclare à l'AFP Marcin Zaborowski du think tank américain CEPA (Centre de l'analyse de la politique européenne). Il rappelle que le parti de Jaroslaw Kaczynski et de Beata Szydlo, sa candidate au poste de Premier ministre, n'a jamais été ouvertement anti-européen et avait soutenu l'adhésion de la Pologne à l'UE en 2004.

"Les intérêts nationaux au détriment des intérêts européens"

Membre, avec les tories britanniques, du groupe des Conservateurs et Réformistes au Parlement européen, le PiS n'a toutefois jamais caché sa vision de "l'Europe des nations", réclamant la réduction des pouvoirs de Bruxelles. Au pouvoir en Pologne dans les années 2005-2007, le PiS s'est illustré par ses prises de position ouvertement germanophobes et russophobes, et des tensions avec Bruxelles sur de multiples dossiers.

"Le PiS mettra en avant les intérêts nationaux au détriment des intérêts européens. Il veut une Union économique plutôt que politique, prévient le politologue Kazimierz Kik. Il rejoint le groupe des formations européennes, aussi bien celles de droite comme le Front national en France, que celles de gauche qui cherchent à réduire le pouvoir de Bruxelles", explique-t-il à l'AFP.

Le PiS ne cache pas son intention de s'appuyer sur des alliances régionales, tel que le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque), partageant l'opposition de ses partenaires à l'accueil des réfugiés et de migrants du Moyen-Orient et d'Afrique.

Jaroslaw Kaczynski, admirateur de longue date du Premier ministre hongrois Viktor Orban, a déclaré que les immigrants musulmans menaçaient le mode de vie catholique de la Pologne. Ce mois-ci, il a été accusé par certains médias polonais d'attiser le racisme en déclarant que les migrants apporteraient de nouvelles maladies et des parasites dans le pays.

Avec AFP et Reuters

 

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