PRÉSIDENTIELLE

Référendum constitutionnel au Congo-Brazzaville : victoire écrasante du "oui"

Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, dimanche 25 octobre, dans son bureau de vote.
Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, dimanche 25 octobre, dans son bureau de vote. AFP

Le projet de nouvelle constitution permettant au président congolais Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2016 "a été adopté" à plus de 92 % à l'issue du référendum de dimanche. L'opposition, qui a boycotté le scrutin, dénonce une "fraude".

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Après plus de 30 ans au pouvoir, Denis Sassous Nguesso briguera-t-il un troisième mandat consécutif ? Plus de 92 % des votants ont approuvé les modifications de la Constitution qui permettraient au président du Congo-Brazzaville d'être candidat à la magistrature suprême, lors des élections de 2016, selon les résultats du référendum de dimanche, annoncés mardi 27 octobre. L'opposition a aussitôt dénoncé une "fraude".

Le "oui" a obtenu 92,96 % des suffrage exprimés, a déclaré le ministre de l'Intérieur Raymond Mboulou lors d'une allocution à la télévision nationale ajoutant que le "texte de nouvelle constitution [entrerait] en vigueur dès sa promulgation par le président de la République".

Selon la Commission électorale, le taux de participation a été de 72,44 %, alors qu'au lendemain du scrutin, Pascal Tsaty Mabiala, un des chefs de l'opposition, qui avait appelé à boycotter les urnes, avait estimé que la participation n'avait pas dépassé 10 %. Denis Sassou Nguesso a subi "un camouflet", avait-il déclaré à l'AFP, "les Congolais ne se sont pas déplacés, c'était le mot d'ordre que nous avions donné".

Nguesso a le champ libre

Le président Denis Sassou Nguesso a maintenant le champ libre pour se représenter à une élection présidentielle. Le projet de loi soumis aux urnes dimanche permet de faire sauter les deux verrous qui l'empêchaient de briguer un troisième mandat : la limite d'âge et celle du nombre des mandats présidentiels. L'homme, qui a tenu les rênes de l'État entre 1979 et 1992, puis est revenu au pouvoir par les armes en 1997, cumule plus de 30 ans à la tête du Congo.

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Portrait : Denis Sassou Nguesso

La campagne référendaire s'était déroulée dans une ambiance tendue et morose, l'opposition appelant à boycotter le scrutin. Les rassemblements publics avaient été interdits et des violences meurtrières avaient ravivé dans l'opinion le spectre des épisodes de guerre civile ayant déchiré le pays entre 1993 à 2003.

Avec AFP

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