SYRIE

Bachar al-Assad accuse la France de "soutenir les groupes terroristes" en Syrie

Le président syrien Bachar al-Assad et le député français Jean-Frédéric Poisson,  le 28 octobre 2015.
Le président syrien Bachar al-Assad et le député français Jean-Frédéric Poisson, le 28 octobre 2015. AFP

Devant une délégation d'élus français, reçue mercredi à Damas, le président syrien Bachar al-Assad a accusé Paris de "soutenir les groupes terroristes" en Syrie, "en leur donnant une couverture politique".

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Bachar al-Assad a accusé la France de "soutenir les groupes terroristes" en Syrie, face à une délégation composée de trois députés français de droite, en visite à Damas mercredi 28 octobre.

"De nombreux pays de la région ou occidentaux, dont la France, continuent jusqu'à présent de soutenir le terrorisme en donnant une couverture politique aux groupes terroristes en Syrie et dans la région", a déclaré le président syrien, cité par l'agence officielle Sana. Le régime syrien qualifie de "terroristes" tous les opposants, rebelles, dont certains sont soutenus par les Occidentaux, et les jihadistes qui se battent contre le pouvoir.

La délégation française était composée de Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines et président du Parti chrétien-démocrate - dont il est le seul parlementaire -, affilié au parti Les Républicains (LR), Xavier Breton, député (LR) de l'Ain et Véronique Besse, députée non-inscrite de Vendée et membre du Mouvement pour la France (MPF).

Une position à l'encontre de celle de François Hollande

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Peu après son arrivée mardi à Damas, Jean-Frédéric Poisson avait déclaré qu'une solution au conflit en Syrie devait passer par un dialogue avec Bachar al-Assad, "qui est en place et qui est élu par le peuple syrien".

"Il n'appartient pas aux pays étrangers de décider qui doit diriger la Syrie, il appartient aux Syriens de décider", avait-il déclaré, mardi, à l'issue d'une rencontre avec le président du Parlement syrien, Jihad al-Lahham.

Cette position va à l'encontre de celle de la diplomatie française et du président François Hollande, qui a récemment réaffirmé que "rien ne doit être fait pour conforter Bachar al-Assad car étant le problème, il ne peut pas être la solution".

"Une faute morale"

De son côté, fin septembre, le Premier ministre français Manuel Valls avait indiqué qu’une réhabilitation de Bachar al-Assad en Syrie serait "une faute morale".

"Mais qui peut penser un seul instant que celui qui est responsable de tant de désastres puisse incarner l'avenir de son pays ? […] Et comment peut-on soutenir le retour à un statu quo d'avant-guerre sous prétexte que l'alternative à un tyran serait pire ?", avait-il ajouté à l'Assemblée nationale, lors d’une séance de questions au gouvernement.

En février, le déplacement de quatre parlementaires français en Syrie avait provoqué une vive polémique dans l'Hexagone.

Les trois députés ont quitté à la mi-journée leur hôtel à Damas pour rentrer en France.

Avec AFP
 

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