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Nicolas Sarkozy à Moscou : "Le monde a besoin de la Russie"

L'ancien président français Nicolas Sarkozy et l'actuel chef de l'État russe Vladimir Poutine, lors de leur rencontre le 29 octobre 2015.
L'ancien président français Nicolas Sarkozy et l'actuel chef de l'État russe Vladimir Poutine, lors de leur rencontre le 29 octobre 2015. Sergei Chirikov, AFP

L'ex-président français Nicolas Sarkozy a rencontré, jeudi à Moscou, Vladimir Poutine et a appelé à rompre l'isolement de la Russie, partenaire "incontournable" pour le règlement du conflit en Syrie. Un discours qui en a irrité plus d'un.

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À l’heure où Paris et Moscou s’opposent sur la Syrie et l’Ukraine, l’ex-président français Nicolas Sarkozy s’est entretenu, jeudi 29 octobre, avec le chef du Kremlin Vladimir Poutine. Le dirigeant du parti Les Républicains a tenu à rappeler à cette occasion l’importance des liens entre les deux pays.

"Je suis content d'être ici à Moscou, et tu connais ma conviction que le monde a besoin de la Russie", a déclaré Nicolas Sarkozy. "La Russie et l'Europe sont faites pour travailler ensemble [...]. Discuter, s'écouter et se respecter, c'est la destinée de la France et de la Russie", a-t-il ajouté dans une ambiance détendue.

De son côté, Vladimir Poutine qui rencontrait l’ancien chef d’État pour la troisième fois depuis qu’il a quitté l’Élysée en 2012, a salué le discours de son ex-homologue donné dans la matinée au MGIMO, le prestigieux institut des relations internationales de Moscou. "Avec ton discours, tu as beaucoup impressionné [...], pas seulement ceux qui se trouvaient dans la salle mais aussi à l'extérieur", a souligné le président russe.

Rompre l'isolement de la Russie

Lors de cette allocution devant les étudiants, Nicolas Sarkozy a appelé les Occidentaux à rompre l'isolement de la Russie, partenaire "incontournable" pour le règlement du conflit en Syrie. "Dans le monde qui est le nôtre, nous devons à tout prix éviter une nouvelle Guerre froide", a-t-il dit. "Isoler la Russie n'a aucun sens", a-t-il également martelé, en référence à la détérioration des relations entre Occidentaux et Russes dans la foulée de la crise ukrainienne.

Cette rencontre entre les deux hommes, survient la veille d'une conférence internationale à Vienne consacrée à la crise syrienne qui a fait plus de 250 000 morts depuis 2011. La Russie, alliée au régime de Bachar al-Assad, et la France, adepte d'une ligne ferme face à ce dirigeant, ne sont pas d’accord sur la question de l'avenir du président syrien dans le pays.

La démarche de Nicolas Sarkozy apparaît donc en contradiction avec la position officielle française. Interrogé sur Public Sénat, le Premier ministre Manuel Valls, a demandé à l'ancien président de la République de ne "pas mettre en cause" la position de la France "à l'extérieur". "Ce que je demande aux leaders de l'opposition", c'est "qu'ils ne mettent pas en cause ce qui est aujourd'hui engagé [...]. Il faut de l'unité, c'est aussi un élément de force, de crédibilité, pour la France à l'extérieur", a déclaré le Premier ministre.

Une visite controversée

À gauche, certains se sont indignés de sa visite à Moscou auprès du président russe. "Je ne crois pas que ce soit le rôle d'un ancien président de la République de parasiter la diplomatie de la France", a réagi jeudi le secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Thierry Mandon sur France 2.

Un avis partagé par François Michel-Lambert, député écologiste des Bouches-du-Rhône et vice-président du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée nationale, qui s'est dit quant à lui "atterré" et a "dénoncé" une diplomatie parallèle.

À droite, les réactions sont plus diverses. L'ex-Premier ministre Alain Juppé a récemment mis en garde contre un "accès de russophilie aiguë", mais il a exhorté jeudi dans un billet publié sur son blog à parler "franchement" à ce"partenaire incontournable". L’ex-ministre et député Xavier Bertrand estime pour sa part qu'il est temps de reprendre le dialogue avec Moscou. "Plutôt que de faire une guerre froide avec la Russie comme on l'a fait depuis maintenant des mois et des mois avec les conséquences que l'on sait [...], il faut qu'on arrête d'être en guerre avec la Russie", a-t-il dit sur l’antenne d'iTélé.

Avec AFP et Reuters

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