FRANCE

Ouverture à Paris du procès de six membres de l'ETA pour le meurtre d'un policier français

Croquis d'audience représentant Mikel Carrera Sarobe (à dr.).
Croquis d'audience représentant Mikel Carrera Sarobe (à dr.). Benoit Peyrucq, AFP

Six membres de l'ETA comparaissent devant la cour d'assises spéciale de Paris pour le meurtre d'un policier français en 2010. "Nous ne reconnaissons pas la légitimité de la République française pour nous juger", ont indiqué les accusés.

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Le procès de six membres de l’ETA jugés pour le meurtre d'un policier français en 2010, dernière victime de l'organisation séparatiste basque en France, s'est ouvert lundi 2 novembre devant la cour d'assises spéciale de Paris. Cinq hommes et une femme comparaissent devant cette cour composée de magistrats professionnels, parmi lesquels Mikel Carrera Sarobe, 42 ans, alias "ata", ex-numéro un de l'appareil militaire de l'ETA, qui est entré dans le box des accusés le poing levé en lançant "Gora ETA" ("Vive l'ETA", en basque).

À l'ouverture des débats, sa camarade Izaskun Lesaca Arguelles, alias "Ane", 39 ans, a pris la parole pour lire une brève déclaration au nom des "six militants de l'ETA". "Nous ne reconnaissons pas la légitimité de la République française pour nous juger. Nous ne reconnaissons que la légitimité du peuple basque", a-t-elle dit, expliquant que les accusés ne se lèveraient pas, comme il est d'usage, lors de l'entrée ou de la sortie de la cour dans la salle d'audience.

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Placée sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne (UE), l'ETA est tenue pour responsable de la mort d'au moins 829 personnes, notamment dans des attentats, au nom de sa lutte pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Elle a renoncé à la violence en octobre 2011.

Banal contrôle d'identité

Sa dernière victime authentifiée est un policier français, le brigadier-chef Jean-Serge Nérin, tué lors d'une fusillade à la suite d'un banal contrôle d'identité en mars 2010 en région parisienne.

Mikel Carrera Sarobe, considéré comme un dur et déjà condamné en 2013 à la perpétuité à Paris pour l'assassinat de deux jeunes gardes civils en 2007 à Capbreton (sud-ouest), est soupçonné d'être l'auteur du coup de feu mortel.

À ses côtés comparaît Xabier Goyenechea Iragorri, 35 ans, lui aussi suspecté d'avoir tiré lors de la fusillade qui a coûté la vie au policier, ainsi qu'une figure d'ETA, l'ex-lieutenant de Sarobe, Arkaitz Aguirregabiria del Barrio, alias Kemen, 32 ans. Selon des sources judiciaires, ce dernier jouait un rôle crucial dans le recrutement et la formation de jeunes activistes. Deux autres militants basques comparaissent : Joseba Fernandez Aspurz, 31 ans, et Iosu Urbieta Alcorta, 37 ans.

L'ETA avait admis être l'auteur de la fusillade en affirmant qu'elle avait eu lieu "contre sa volonté" et en tentant de rejeter la responsabilité sur la police française accusée d'avoir ouvert le feu la première.

Avec AFP

 

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