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Scandales et frasques financières au Vatican : deux livres embarrassent le Pape

"Via Crucis" de Gianluigi Nuzzi, "Chemin de croix" dans sa  version française, doit paraître le 5 novembre.
"Via Crucis" de Gianluigi Nuzzi, "Chemin de croix" dans sa version française, doit paraître le 5 novembre. Alberto Pizzoli, AFP

Deux livres à paraître le 5 novembre embarrassent le Vatican. Les auteurs, deux journalistes italiens, y révèlent les dérives financières et la corruption à la Curie, que le pape peine à réformer.

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Deux livres à paraître le 5 novembre révèlent dérives financières, mauvaise gestion, favoristisme et corruption, dans un Vatican où la volonté de réformer du pape François se heurte à une vive résistance.

Dans "Avarice" d'Emiliano Fittipaldi, journaliste à l'hebdomadaire "L'Espresso", et "Via crucis" de Gianluigi Nuzzi, du groupe télévisé Mediaset, en librairie dès jeudi, on y apprend que les dons reçus par le Saint-Siège à l'intention des plus pauvres ne sont pas tous destinés à des œuvres de bienfaisance.

Selon Emiliano Fittipaldi, 400 millions d'euros auraient été ainsi détournés de la caisse du "Denier de Saint-Pierre" pour les besoins de la Curie. L'auteur prend en exemple quelque 200 000 euros détournés d'une fondation dépendant de l'hôpital catholique Bambino Gesù (l'enfant Jésus) pour financer la rénovation de l'appartement de 700 mètres carrés du cardinal Tarcisio Bertone, ex-numéro deux du Vatican.

"Tu dois écrire ce livre pour François, qui doit savoir"

Dans "Avarice", Emiliano Fittipaldi affirme aussi que ce même cardinal a utilisé un hélicoptère pour se rendre en Basilicate (sud de l'Italie) dans le cadre d'une opération de "marketing" pour le compte de cette fondation. Coût de ce vol : 23 800 euros.

La préface du livre donne la parole à un certain "monsignore âgé", qui lui conseille d'écrire ce livre. "Tu dois écrire ce livre pour François, qui doit savoir. Il doit savoir que la Fondation du Bambino Gesù, née pour recueillir les dons en faveur des petits malades, a payé une partie des travaux faits dans le nouvel appartement du cardinal Tarcisio Bertone !"

"Des cardinaux "continuent à vivre dans des appartements de 500 m2", renchérit Gianluigi Nuzzi. Ce dernier est notamment célèbre pour avoir publié en 2012 "Sua Santita" (Sa Sainteté), principalement basé sur des documents transmis par Paolo Gabriele, l'ancien majordome du pape Benoît XVI, à l'origine de l'affaire VatiLeaks. Dans ce nouveau livre, il fait état "de pertes dues à des différences d'inventaire", avec des "trous" de 700 000 euros au supermarché du Vatican et de 300 000 euros à la pharmacie vaticane.

"Les frais hors de contrôle"

Selon ce journaliste, le pape aurait présidé une réunion à huis clos en 2013, déplorant que "les frais soient hors de contrôle", relevant une augmentation de 30 % du nombre des employés en cinq ans.

Quoi qu'il en soit, les deux livres ont déjà été condamnés par le Vatican où deux anciens membres d'une ex-commission mise en place par le pape argentin ont été arrêtés et interrogés pour diffusion de documents confidentiels. Le prélat espagnol Mgr Lucio Angel Vallejo Balda et l'avocate italienne Francesca Chaouqui ont été convoqués et interrogés, samedi 31 octobre, dans le cadre d'une enquête menée par la gendarmerie vaticane à propos du vol et de la diffusion d'informations et de documents confidentiels. Tous deux siégeaient au sein de la commission chargée de l'organisation des structures économiques et administratives (Cosea) mise en place par le pape François, quatre mois après son élection pour étudier de possibles réformes financières.

"Grave trahison de sa confiance"

Sans mentionner les deux personnes soupçonnées d'avoir transmis des documents confidentiels aux deux journalistes italiens, Gianluigi Nuzzi affirme que "ses sources" ont souhaité "aider le pape", en publiant des documents auxquels ils avaient pleinement droit d'accès dans la Commission d'experts économiques où ils travaillaient.

Cela "n'est absolument pas une façon d'aider la mission du pape", avertissait lundi le Vatican dans un communiqué, en parlant de "grave trahison de sa confiance". Les raisons ayant poussé les deux "corbeaux" supposés, Mgr Vallejo et Mme Chaouqui, à divulguer ces informations font l'objet de plusieurs interprétations.

Pour certains, c'est la volonté d'aider le pape qui prédomine, en révélant ainsi les frasques de cardinaux italiens, volontiers associés à l'ancien Vatican que Jorge Bergoglio veut voir disparaître. Mais pour d'autres, c'est aussi l'esprit de vengeance, particulièrement en ce qui concerne Mgr Vallejo, un moment pressenti pour un poste de responsabilité dans les institutions financières.

Avec AFP et Reuters

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