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Décès de l'académicien et philosophe René Girard

L'académicien surnommé "le nouveau Darwin des sciences humaines" est décédé mercredi à l'âge de 91 ans.
L'académicien surnommé "le nouveau Darwin des sciences humaines" est décédé mercredi à l'âge de 91 ans. Derrick Ceyrac, AFP

Le philosophe et académicien René Girard est décédé mercredi à l'âge de 91 ans des suites d'une longue maladie. Théoricien renommé, il vivait aux États-Unis et enseignait à la prestigieuse université de Stanford, en Californie.

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Il était surnommé "le nouveau Darwin des sciences humaines". Le philosophe et académicien français René Girard est décédé mercredi 4 novembre aux États-Unis, à l'âge de 91 ans, a annoncé l'université de Stanford, où il a longtemps enseigné.

"Le renommé professeur français de Stanford, l'un des 40 Immortels de la prestigieuse Académie française, est décédé à son domicile de Stanford mercredi des suites d'une longue maladie", a indiqué l'université californienne dans un communiqué.

Largement traduite, souvent admirée hors de nos frontières, comme aux États-Unis ou en Italie, l'oeuvre de René Girard reste assez mal connue du grand public en France. "Pour un intellectuel qui a longtemps été considéré comme un auteur à contre-courant et atypique, l'élection à l'Académie est une forme de reconnaissance", déclarait-il au quotidien "La Croix" le 15 décembre 2005, jour de sa réception à l'Académie française.

"Je peux dire sans exagération que, pendant un demi-siècle, la seule institution française qui m'ait persuadé que je n'étais pas oublié en France, dans mon propre pays, en tant que chercheur et en tant que penseur, c'est l'Académie française", avait-il expliqué ce jour-là dans son discours devant les Immortels.

Si ce théoricien renommé était parfois négligé en France, ses livres traduits dans le monde entier "ont offert une vision audacieuse et vaste de la nature, de l'histoire et de la destinée humaine", selon l'université de Stanford.

Le président François Hollande a salué dans un communiqué "un homme libre et un humaniste", exprimant "la reconnaissance de la Nation" à un "intellectuel exigeant et passionné, exégète à la curiosité sans limite, théoricien brillant et à l’esprit fondateur, enseignant et chercheur atypique aimant aller à contre-courant".

Ecritures saintes

Girard a commencé sa carrière en tant que théoricien littéraire fasciné par toutes les sciences sociales : histoire, anthropologie, sociologie, philosophie, religion, psychologie et théologie.

Chrétien, né le jour de Noël 1923 en Avignon, il a beaucoup écrit sur la diversité et l'unité des religions. Cet humaniste a fondé sa pensée sur les écritures saintes, autant lues que les grands classiques de la littérature (Proust, Stendhal ou Dostoïevski).

Il est connu pour son concept de "désir mimétique", qu'il définit ainsi : "C'est toujours en imitant le désir de mes semblables que j'introduis la rivalité dans les relations humaines et donc la violence". Pour lui, la Bible est une immense entreprise pour sortir l'homme de la violence.

Passé par l'École des Chartes, archiviste-paléographe de formation, René Girard était installé depuis 1947 aux États-Unis.

Il y a enseigné dans de nombreuses universités comme Duke, Johns-Hopkins et surtout Stanford, en Californie, où il a longtemps dirigé le département de langue, littérature et civilisation française et où il vivait depuis 1995.

Il était l'auteur d'ouvrages comme "Mensonge romantique et vérité romanesque" (1961), "La Violence et le Sacré" (1972), "Shakespeare, les feux de l'envie" (prix Médicis essai 1990), "Je vois Satan tomber comme l'éclair" (1999) ou "Celui par qui le scandale arrive" (2001).
 

Avec AFP

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