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Avec le procès "Mafia Capitale", la justice italienne se penche sur la corruption à Rome

Forces de l'ordre en faction devant la chambre criminelle de Rome où s'est ouvert, le 5 novembre 2015, le procès de l'affaire "Mafia capitale".
Forces de l'ordre en faction devant la chambre criminelle de Rome où s'est ouvert, le 5 novembre 2015, le procès de l'affaire "Mafia capitale". Alberto Pizzoli, AFP

Le maxi-procès de l'affaire "Mafia capitale" s'est ouvert à Rome jeudi 5 novembre. Pas moins de 46 prévenus - criminels, entrepreneurs et hommes politiques - ayant gangréné la municipalité romaine devront répondre d'accusation de corruption.

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L’heure est noire pour "le monde du milieu" alors que s’ouvre à Rome, ce jeudi 5 novembre, l’un des plus grands procès pour corruption en Italie depuis les années 1990. Pas moins de 46 prévenus, soupçonnés d’avoir truqué des marchés publics dans la capitale dans le domaine du ramassage des ordures, de l’entretien des espaces verts ou encore de l’accueil des migrants passeront devant la justice italienne, dans le cadre de l’affaire "Mafia capitale".

Ce vaste réseau de criminels, d'entrepreneurs et d'hommes politiques est parvenu à gangrener la municipalité de la ville éternelle. Le principal prévenu est Massimo Carminati, un ex-militant d'extrême droite qui s'est reconverti dans la criminalité et avait été condamné pour appartenance à la "banda della Magliana", un groupe ayant fait régner la terreur dans la capitale dans les années 1980. Il est aujourd'hui accusé d'extorsion, de corruption et de détournement de fonds publics, avec la complicité d'entrepreneurs véreux et d'hommes politiques peu scrupuleux.

Son bras droit est Salvatore Buzzi, le patron d'une coopérative travaillant pour la municipalité de Rome. Incarcéré depuis son arrestation l'an dernier, tout comme Carminati, Buzzi avait déjà été condamné à trente ans de prison pour avoir assassiné de 34 coups de couteau son complice qui l'aidait à écouler des chèques volés. Il avait finalement été libéré pour bonne conduite au bout de six ans.

Une centaine de personnes impliquées

L'affaire a explosé en décembre 2014 avec l'arrestation de 37 personnes, dont Massimo Carminati, 57 ans. Au total, une centaine de personnes, dont des entrepreneurs et l'ex-maire de droite Gianni Alemanno, sont visés par cette enquête. Ce dernier a clamé mercredi son innocence, assurant que sa seule erreur a été de ne pas avoir vu ce qui se tramait autour de lui.

Parmi les noms les plus connus, figurent celui de Luca Gramazio, ancien chef des élus du parti de Silvio Berlusconi, d'abord à la mairie de Rome puis à l'assemblée de la région du Latium, dans laquelle se trouve la capitale italienne. La gauche y est aussi représentée, avec Mirko Coratti, ancien président du conseil municipal de Rome et membre du Parti démocrate de l'actuel chef du gouvernement Matteo Renzi.

Réseau mafieux ou criminel ?

L'un des enjeux de ce procès – dont les quelque 130 audiences prévues doivent durer jusqu'à l'été – sera de déterminer si le réseau était mafieux comme ceux de Cosa Nostra en Sicile, de la Camorra à Naples ou de 'Ndranghetta en Calabre, ou s'il s'agissait d'une simple bande de criminels. Les peines sont en effet beaucoup plus lourdes si le caractère mafieux est établi, ce que l'accusation soutient. La défense juge au contraire que la mafia n'existe pas à Rome.

La première audience était purement technique et portait sur la présence ou non des chaînes de télévision, diverses questions procédurales ainsi que sur la constitution des parties civiles. Dès la deuxième audience, le tribunal devrait se déplacer à la prison de Rebibbia, dans la banlieue nord-est de Rome.

Avec AFP

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