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Burundi : le fils du célèbre défenseur des droits de l’homme Mbonimpa assassiné

L'opposant Pierre-Claver Mbonimpa s'exprimant devant des journalistes à son domicile, le 28 avril 2015.
L'opposant Pierre-Claver Mbonimpa s'exprimant devant des journalistes à son domicile, le 28 avril 2015. Aymeric Vincenot, AFP

Le corps d'un des fils du célèbre défenseur des droits de l’homme burundais Pierre-Claver Mbonimpa a été assassiné quelques heures après avoir été interpellé par la police. La communauté internationale s'inquiète d'une telle escalade de violences.

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Un des fils du défenseur burundais des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, a été assassiné. Quelques heures après son arrestation par la police, le jeune homme a été retrouvé mort vendredi 6 novembre dans les rues de Bujumbura.

Pierre-Claver Mbonimpa, figure de la société civile burundaise est aussi l'un des leaders de la contestation contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza qui a plongé le pays dans une violente crise politique depuis fin avril, a lui-même été grièvement blessé lors d'une tentative d'assassinat en août, attribuée à des partisans du pouvoir burundais. Un de ses gendres a également été assassiné début octobre à Bujumbura.

"On vient de me dire que mon fils a été tué, et que son corps se trouve à la 12e avenue, à Mutakura [quartier contestataire de Bujumbura]", a annoncé Mbonimpa, dans un message à l'AFP, depuis l'Europe où il s'est exilé après sa tentative d'assassinat.

Il avait fait part plusieurs heures plus tôt de son inquiétude après l'arrestation à Mutakura de son fils, Welly Nzitonda, par la police. "Il a été arrêté [...] et puisque c'est mon fils, il risque d'être tué", avait-il expliqué à l'AFP.

Plusieurs habitants de Mutakura ont par ailleurs rapporté à l'AFP que quatre jeunes hommes ont été tués vendredi matin par des militaires et des policiers, lors d'une opération dans ce quartier. "Deux criminels armés de grenades ont été tués ce matin à Mutakura alors qu'ils tentaient de les lancer sur les forces de l'ordre", a expliqué à l'AFP un haut gradé de la police, disant n'être pas encore au courant des deux autres décès.

De nombreux habitants de Mutakura et d'autres quartiers contestataires quittent leur domicile depuis la veille, craignant un déchaînement de violences policières à l'expiration samedi soir d'un ultimatum lancé en début de semaine par le président Nkurunziza.

Inquiétudes de la communauté internationale

Décidé à mettre un terme à la contestation qui agite le Burundi depuis fin avril, le camp du président Pierre Nkurunziza multiplie les propos incendiaires et joue dangereusement avec la question ethnique, inquiétant analystes, diplomates et opposants. À tel point que la communauté internationale a lancé un cri d'alarme et se mobilise. "La violence récurrente et les tueries au Burundi doivent cesser", a déclaré vendredi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

La France a condamné le même jour "les discours de haine" à connotation communautaire "inacceptable" et annoncé la tenue lundi d'une réunion du Conseil de sécurité.

"Pour tenter de mettre fin à la crise, le pouvoir use désormais d'un discours dangereux, guerrier et ambigu, avec des relents ethniques. C'est une fuite en avant et on ne sait pas où il va s'arrêter", s'alarme un universitaire burundais.

L'International Crisis Group (ICG) a pour sa part critiqué une rhétorique semblable, "à en faire froid dans le dos", à celle du génocide rwandais.

L'Union africaine s'est, elle, inquiétée des potentielles "conséquences dévastatrices" de ces déclarations tandis que Washington a dénoncé une "rhétorique dangereuse, irresponsable" du camp présidentiel.

Avec AFP

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