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Haïti : Jovenel Moïse et Jude Célestin au 2nd tour de la présidentielle, l'opposition conteste

Jovenel Moïse, candidat en tête, a récolté 32,8 % des voix, selon des résultats préliminaires.
Jovenel Moïse, candidat en tête, a récolté 32,8 % des voix, selon des résultats préliminaires. Hector Retamal, AFP

Jovenel Moïse, le candidat soutenu par le président sortant, affrontera Jude Célestin au second tour de l'élection présidentielle en Haïti. L'opposition dénonce un hold-up électoral et appelle à manifester.

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Jovenel Moïse, le candidat soutenu par le pouvoir en place, est arrivé en tête des résultats préliminaires du premier tour de l'élection présidentielle haïtienne, selon le conseil électoral provisoire (CEP).

L'entrepreneur agronome de 47 ans, qui entame sa carrière politique, a obtenu 32,81 % des suffrages et se retrouvera au second tour, prévu le 27 décembre, face à Jude Célestin, du parti de l'ex-président René Préval, qui a cumulé 25,27 %.

Jovenel Moïse s'est déclaré "ravi" jeudi soir et a expliqué, lors d'une déclaration à la presse, que son parti "célèbre cette première victoire, qui est la preuve que le peuple a compris [leur] message de développement".

Un partisan de l’opposition tué

Mais cette satisfaction est loin d'être partagée par les autres candidats : un porte-parole de Jude Célestin a annoncé qu'un appel serait déposé auprès des tribunaux électoraux pour contester ces résultats.

L'opposition dénonce un "hold up électoral"

La loi électorale prévoit en effet un délai de 72 heures pendant lesquelles les candidats peuvent contester les résultats préliminaires devant les tribunaux électoraux, les résultats définitifs du premier tour devant être annoncés à la fin du mois.

Dans la foulée de l'annonce des résultats par le conseil électoral provisoire, un partisan de l'opposition a par ailleurs été tué dans la capitale haïtienne, a indiqué le porte-parole du parti dont la victime était membre."Le sympathisant Maxo Gaspard, très connu de tout le monde, a été abattu froidement près du siège du parti suite à l'annonce des résultats frauduleux du CEP", a indiqué Assad Volcy, le représentant du parti Pitit Dessalines (en créole, fils de Dessalines, héros de la révolution haïtienne et premier empereur d'Haïti).

Moïse Jean-Charles, le candidat de Pitit Dessalines, opposant farouche à l'actuel président Michel Martelly, est arrivé en troisième position avec 14,27 % des voix. Il accuse le pouvoir d'être responsable du meurtre de ce sympathisant.

"Il y a énormément de contestation. [L’opposition] parle de ‘hold-up électoral’, notamment les partisans du candidat malheureux qui est arrivé en troisième position [Moïse Jean-Charles]", a d'ailleurs indiqué Amélie Baron, la correspondante de France 24 à Port-au-Prince.

Le parti Pitit Dessalines, qui va lui aussi contester les résultats annoncés, a appelé ses sympathisants à descendre dans les rues, sans violence. "Nous appelons la population à défendre son vote de manière pacifique : il n'est nullement question qu'on vole le vote du peuple haïtien", a ajouté le porte-parole.

Barricades de pneus brûlés

Pour exprimer leur colère, des partisans de Moïse Jean-Charles ont rapidement installé des barricades de pneus enflammés à proximité du siège du parti, dans la commune de Delmas, au cœur de l'aire métropolitaine.

Des violences ont suivi l'annonce des résultats préliminaires
Les partisans du candidat Moïse Jean-Charles, arrivé en 3e position, sont descendus dans la rue pour contester les résultats préliminaires. Hector Retamal, AFP

De tels mouvements violents ont également été observés par l'AFP dans un quartier populaire de Port-au-Prince. Au-delà de ces incidents isolés, les rues de la capitale sont exceptionnellement désertes : par peur des violences, les bureaux et commerces ont fermé tôt dans l'après-midi jeudi.

Après le retrait des procès-verbaux jugés douteux ou frauduleux, la part des votes valides retenue par le conseil électoral ne s'élève qu'à un peu plus de 26 % des 5,8 millions d'électeurs haïtiens.

Pour cette élection présidentielle, le pays le plus pauvre des Amériques a enregistré un nombre record de candidatures : ils étaient 54 en lice pour succéder au sortant Michel Martelly, à qui la Constitution interdit d'effectuer un second mandat consécutif.

Depuis la fin de la dictature des Duvalier en 1986, Haïti connaît une crise démocratique émaillée de coups d'état et d'élections contestées qui fragilisent le développement économique du pays, encore marqué par le terrible séisme de janvier 2010 qui avait fait plus de 200 000 morts.

Avec AFP
 

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