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Attentat de l'Hyper Cacher : Coulibaly a agi sur ordre d’un commanditaire, selon "Le Monde"

Capture d'écran d'une vidéo de propagande réalisée par Amedy Coulibaly.
Capture d'écran d'une vidéo de propagande réalisée par Amedy Coulibaly. Archives, AFP

Le journal "Le Monde" a publié, samedi, en marge de l’enquête sur les attentats de janvier à Paris, des échanges entre Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, et un inconnu qui laissent penser que l’assaillant a agi sur ordre.

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Amedy Coulibaly n’a pas agi seul mais sous les ordres d’un commanditaire. C’est ce qu’affirme "Le Monde" qui a dévoilé, samedi 7 novembre, en marge de l’enquête sur les attentats, les échanges de SMS et de mails entre l’auteur de l’attaque de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes le 9 janvier et un individu non identifié. Le quotidien affirme, par ailleurs, que l’inconnu qui a piloté la tuerie perpétrée par Amedy Coulibaly a également coordonné l'assaut des frères Kouachi contre "Charlie Hebdo", le 7 janvier.

D’après "Le Monde", Amedy Coulibaly a reçu le 7 janvier à 14h00, soit deux heures après le drame à "Charlie Hebdo", un SMS contenant des instructions précises rédigées avec une orthographe approximative : "Ok, fé ske ta a fair aujourdhui ms simple com ça tu rentr dormir ensuit tu plank et verifi adress 1 ts les jrs : indications bientot pr recup amis aider toi. debarasse toi puce, maintenant passe sur adress 1, fini adress 2".

"J’ai un AK74 avec 275 cartouches"

La publication dévoile également un mail probablement rédigé sous la plume de Coulibaly que son donneur d’ordre aurait consulté quelques heures plus tôt. "J’ai un AK74 avec 275 cartouches. Six tokarev avec 69 cartouche. Trois gillet par balle militaire trois gillet tactique deux bombe a gel et a gaz deux gros couteaux un choqueur".

Le journal divulgue également le dernier message que Coulibaly aurait envoyé à son interlocuteur mystère. Un texte qui ressemble à s’y méprendre à des dispositions testamentaires. "Je voudrais que le frère s’occupe de ma femme dans les règles de l’Islam, réclame-t-il notamment. Je voudrais pour elle qu’elle ne se retrouve pas seule qu’elle est une bonne situation financiere qu’elle ne soit pas dellaiser. Surtout qu’elle apprenne l’arabe, le Coran et la science religieuse. Veillez a se quel aye bien religieusement. Le plus important c’est le dine [la religion en arabe] et la foi et pour sa elle a besoin d’etre accompagné. Qu’Allah vous assiste."

Élise Vincent, l’auteur de l’article du "Monde", avance en outre que les échanges laissaient entendre qu’Amedy Coulibaly aurait dû recevoir le renfort de plusieurs autres frères d’armes pour commettre son forfait. Une version corroborée par un mail daté du 8 janvier à 17h21 que BFM TV a dévoilé le 13 octobre. L’interlocuteur de Coulibaly explique au futur tueur qu’il va devoir agir seul. "1) pas possible amis, travailler tt seul", puis d’ajouter "2) si possible trouver et travailler avec zigotos bien. 3) si possible expliker ds video ke toi donner zigoto les outils au nom de d, préciser leskels." La lettre "D" recouvre l’organisation Daesh et l’expression "zigotos" désignerait les frères Kouachi.

"Deux suspects identifiés"

Reste une interrogation. Comment une seule et même personne a-t-elle pu tirer les ficelles des attaques des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly alors même que les deux actions terroristes n’ont pas été revendiquées par les mêmes organisations ? Les frères Kouachi ont en effet revendiqué leur attentat au nom d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) dans une conversation téléphonique avec la chaîne de télévision BFMTV quelques heures avant l'assaut sur l'imprimerie de Dammartin-en Goële (Seine-et-Marne). Amedy Coulibaly a, pour sa part, dit avoir agi au nom de l’organisation de l’État islamique dans une vidéo posthume.

D’après les enquêteurs, les deux organisations ne seraient pas si éloignées que cela. Le travail de la police spécialisée en cybercriminalité consiste désormais à devoir remonter les traces d’un individu francophone dont le parcours et les réseaux se recoupent avec les trois assaillants. Pour l’heure, deux noms de djihadistes français sortent régulièrement de l’instruction menée par la juge Nathalie Poux, chargée de l’enquête : Peter Cherif et Salim Benghalem. Ces deux hommes, qui ont tous deux été en lien avec les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, ont également laissé des traces de leur passage au Yémen.

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