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Disparition d'un ex-ambassadeur iranien à La Mecque : Téhéran hausse le ton

L'ancien ambassadeur Ghazanfar Roknabadi, photographié au Liban en 2013.
L'ancien ambassadeur Ghazanfar Roknabadi, photographié au Liban en 2013. Anwar Amro, AFP

Téhéran accuse les Saoudiens de détenir un ancien ambassadeur iranien, porté disparu lors de la bousculade meurtrière à La Mecque survenue fin septembre. La République islamique a demandé mercredi à Riyad de le "renvoyer vivant" en Iran.

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Les relations déjà tendues entre l'Iran chiite et l'Arabie saoudite sunnite, les deux grandes puissances rivales du Golfe, ne cessent de s’envenimer depuis le mouvement de foule mortel de La Mecque survenu fin septembre. Mercredi 11 novembre, le ton est encore monté d’un cran après que Téhéran a affirmé que son ancien ambassadeur à Beyrouth, Ghazanfar Roknabadi, disparu lors de la bousculade, était en vie et a demandé à Riyad de le remettre "vivant" au pays.

"Nos informations montrent que M. Roknabadi est toujours vivant et nous demandons à l'Arabie saoudite de le renvoyer vivant" en Iran, a ainsi déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, dans une déclaration à la chaîne de télévision arabe Al-Mayadeen, reprise par l'agence iranienne Isna.

Ghazanfar Roknabadi, âgé de 49 ans, a été ambassadeur à Beyrouth entre 2010 et 2014, un poste clé hautement sensible en raison des relations étroites entre l'Iran et le mouvement chiite libanais Hezbollah, de la guerre en Syrie, mais aussi de la proximité d'Israël, pays frontalier du Liban et ennemi juré de l'Iran. En novembre 2013, il avait échappé à un attentat, revendiqué par un groupuscule islamiste lié à Al-Qaïda, qui avait eu lieu devant l'ambassade d'Iran à Beyrouth.

Les médias iraniens penchent pour la thèse de l’enlèvement

Ces dernières semaines, des médias iraniens ont évoqué un possible enlèvement de Ghazanfar Roknabadi après la bousculade de La Mecque qui a fait le 24 septembre au moins 2 236 morts dont 464 Iraniens, selon un décompte de l'AFP. Certains médias ont affirmé que le diplomate a été vu vivant après la bousculade, avant d'être emmené dans une ambulance.

Si l'Iran a récupéré la majorité des corps des Iraniens décédés sur place, une quinzaine d'autres ressortissants sont toujours portés disparus dont l’ancien ambassadeur.

Le ministère des Affaires étrangères iranien avait récemment démenti des informations publiées par des médias arabes qui indiquaient que le diplomate était entré sur le territoire saoudien sous un faux nom.

"Il est entré avec un passeport normal pour accomplir le hadj [pèlerinage à la Mecque considéré comme le cinquième pilier de l'islam, NDLR]", et "son identité ainsi que celles des autres disparus ont été communiqués à l’Arabie saoudite", avait notamment répliqué Marzieh Afkham, l’ancienne porte-parole de la diplomatie iranienne, récemment nommée ambassadrice en Malaisie. Les médias iraniens ont publié une photo du passeport de Ghazanfar Roknabadi avec un visa saoudien.

Fin septembre, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a averti que l'Iran réagirait "durement" si l'Arabie saoudite ne remplissait pas "son devoir" de renvoyer dans leur pays les corps des pèlerins iraniens morts.

Avec AFP
 

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