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L’UE impose l'étiquetage des produits importés des colonies israéliennes

Des pommes cultivées dans une colonie israélienne située dans le Golan syrien (photo d'illustration).
Des pommes cultivées dans une colonie israélienne située dans le Golan syrien (photo d'illustration). Jalaa Marey, AFP / Archives

La Commission européenne a décidé d'imposer une mention d'origine sur les produits importés des colonies de peuplement israéliennes dans les Territoires palestiniens, illégales au regard du droit international. Une décision décriée par l'État hébreu.

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Coup dur pour le gouvernement de Benjamin Netanyahou. La Commission européenne a demandé mercredi aux 28 États membres de mettre en œuvre l'étiquetage obligatoire des marchandises importés des colonies israéliennes établies dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967.

Une décision vivement décriée par les autorités israéliennes. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ainsi déclaré que "l'Union européenne devrait avoir honte" suite à cette mesure. "La décision de l'Union européenne est hypocrite et dictée par une politique du deux poids, deux mesures, puisqu'elle ne concerne qu'Israël et pas les 200 autres conflits (territoriaux) ailleurs dans le monde", a dit le Premier ministre, actuellement aux Etats-Unis, selon son bureau.

La décision controversée, reportée à plusieurs reprises, a été approuvée lors d'une réunion du collège des commissaires européens à Bruxelles. La Commission a "adopté ce matin la notice interprétative sur l'indication d'origine des marchandises en provenance des Territoires occupés par Israël depuis juin 1967", selon un communiqué.

Cette décision oblige l'industrie alimentaire et la distribution de mentionner l'origine des produits sur les étiquettes. Jusqu’ici les produits originaires des colonies israéliennes - toutes illégales au regard du droit international - sont étiquetés comme fabriqués en Israël.

Les produits concernés représentent "moins de 1 %" du total des échanges commerciaux entre l'UE et l’État hébreu, soit 154 millions d'euros en 2014, selon des chiffres de la Commission.

L'UE considère qu'il s'agit avant tout d'une mesure "technique" visant à informer les consommateurs européens et non d'une décision "politique" comme l'affirme le gouvernement israélien, qui s’oppose vivement à cette mesure.

Kattalin Landaburu, la correspondante de France 24 à Bruxelles, précise qu'il s'agit aussi "de clarifier une législation existante". "Déjà en 2005, lorsque les deux blocs signaient leur accord d’association, une clause prévoyait que les produits fabriqués dans les colonies ne pourraient pas bénéficier des mêmes conditions que les produits fabriqués dans le reste du pays",  souligne-t-elle.

"C'est une indication d'origine, pas une mise en garde", a précisé à Reuters l'ambassadeur de l'UE en Israël, Lars Faaborg-Andersen. Mais ce dernier a été convoqué mercredi après-midi par le ministère des Affaires étrangères israélien.

"Une politique discriminatoire", selon Israël

Israël avait averti mardi l'UE que sa décision d'étiqueter les produits des colonies de peuplement israéliennes de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du plateau du Golan, aurait des "implications politiques".

"C'est une politique discriminatoire", a dénoncé mardi le ministre israélien de l'Énergie, Yuval Steinitz. "On se rappelle tous l'époque où les produits juifs étaient signalés comme tels en Europe", a-t-il déclaré, faisant référence à l'Allemagne nazie.

"Israël condamne la décision de l'Union européenne d'étiqueter les produits israéliens en provenance des secteurs sous contrôle israélien depuis 1967", a indiqué mercredi le porte-parole des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon dans un communiqué. "L'étiquetage des produits ne fait pas avancer le processus politique entre Israël et les Palestiniens, au contraire", a-t-il dit, "l'étiquetage renforcera les éléments radicaux qui soutiennent le boycott d'Israël et dénient à Israël le droit d'exister".

Plus que son impact commercial, le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahou craint en effet que la mesure de l’UE n'"encourage" le mouvement international BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) à l'encontre d'Israël, qui monte en puissance.

Avec AFP et Reuters
 

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