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Un soldat américain d'origine française décoré par Barack Obama

capitaine de l'armée américaine Florent Groberg pose devant le Hall of Heroes, au Pentagone, à Washington, le 29 octobre.
capitaine de l'armée américaine Florent Groberg pose devant le Hall of Heroes, au Pentagone, à Washington, le 29 octobre. Paul J. Richards, AFP

Le président Barack Obama remet la médaille d'honneur, la plus prestigieuse récompense militaire à un ancien combattant d'Afghanistan, Florent Groberg, 32 ans, un Américain né en France.

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Barack Obama a remis jeudi 12 novembre la médaille d'Honneur, la plus haute distinction militaire aux États-Unis, à Florent Groberg, un soldat américain, qui est né et a grandi en France, avant de s'illustrer avec l'armée en Afghanistan. Un honneur rarissime, accordé chaque année à une poignée de militaires ayant accompli un acte d'héroïsme hors du commun.

Âgé de 32 ans, ce natif de Poissy a quitté la France il y a plus de 20 ans. Il a toutefois confié à l'AFP avoir gardé une "grande part de son cœur en France". "Mes souvenirs de France, ce sont Jean-Pierre Papin, Basile Boli contre le Milan AC, et les crêpes, la nourriture qui est la meilleure du monde et qui me manque", sourit cet homme avenant, aux cheveux de jais et à l'œil vif.

Le collégien du XIVe arrondissement de Paris est venu s'installer aux États-Unis avec sa mère franco-algérienne et son père adoptif, Larry, un Américain de l'Indiana venu en France travailler pour Motorola. L'adolescent s'intègre alors rapidement à la société américaine, quittant très vite le lycée français de Washington pour un lycée 100 % américain.

Le 11-Septembre confirme sa vocation de militaire

Florent Groberg a toujours voulu être militaire, et le 11-Septembre l'ancre dans cette vocation. "J'avais le choix (...) : tu vas travailler comme tout le monde, ou tu vas te battre", explique-t-il.

Il intègre alors l'armée de terre américaine et connaît un premier déploiement en Afghanistan en 2009-2010. Il participe aux combats et rentre indemne avec son unité.

Pour son deuxième déploiement en Afghanistan, il commande la petite équipe de six personnes chargée d'assurer la sécurité d'un colonel lorsqu'il quitte sa base de Jalalabad, dans l'est du pays.

Pour en savoir plus sur Florent Groberg

One of the most humbling parts of my job is serving as Commander-in-Chief. And on days like today, as we pay special tribute to the incredible men and women who have served our country, I'm reminded not just of their strength and resolve, or that they protect us and our values. These heroes teach us about the best of America. They show us the best within ourselves.Captain Florent Groberg wasn't born in America, but he's as American as anyone you'll find. He moved here at 11, and when he was 28, he answered a call to serve our country. In August 2012, Flo's team was in Afghanistan, escorting American and Afghan military leaders to a local security meeting when they were approached by a suicide bomber. He jumped into action to protect his team, saving the lives of his fellow servicemembers.For his heroism that day, tomorrow I'm awarding Flo the Medal of Honor — our nation's highest military honor. But what's striking to me is that Flo doesn't think of his actions as heroic at all. "Hero is such an interesting word," he says. "Especially with us in combat in arms. We serve our country. We want to do the best we can." Flo nearly gave his life for our country. He sacrificed his body and his health. But that act of courage isn't heroic to him — it's his job.Earlier this year, in Selma, Alabama, we reflected on the fact that the single most powerful word in our democracy is the word "We." It's the collective spirit of America - that everyone has a part to play in perfecting our Union. No one shows us that power like our men and women in uniform. Collective sacrifice, selflessness, the idea that everyone ought to do their part — these aren't abstract concepts to our servicemembers and veterans. It's their way of life. And it's a way of life that has protected ours for the past 239 years.I'm sharing this video with you so you can hear directly from Flo about what it means to serve. I want to thank every single American who has served our country. You can honor a veteran in your life by tagging them in the comments and sharing their story.

Posted by President Obama on Wednesday, 11 November 2015

Ses hommes se déploient en formation de "diamant" autour du colonel, prêts à le coucher au sol et à le protéger s'il est attaqué. Le 8 août 2012, Florent Groberg qui mène cette mission depuis six mois, a un sentiment de malaise lors d'une sortie sur le terrain. Il change la disposition du diamant, se met à l'avant pour avoir une bonne vue de ce qui l'entoure.

"Les vrais héros sont les quatre hommes que j'ai perdus"

Une moto montée par deux hommes surgit à peu de distance et l'un des soldats de crie, agite son arme, faisant fuir les deux hommes. Mais un autre homme s'approche, marchant à reculons. "Il avait quoi, 17, 20 ans... Quand je l'ai vu, je suis allé l'attaquer, le repousser". En saisissant le jeune homme, Florent Groberg comprend qu'il porte une veste explosive. Il le pousse pour l'éloigner le plus possible du groupe. L'un de ses hommes vient à la rescousse, pousse à son tour l'individu qui explose à ce moment-là. "J'ai été propulsé à au moins 10 mètres", raconte Florent Groberg.

Lorsqu'il reprend conscience, il a une jambe grande ouverte, le fémur saillant. Il comprend que, même s'il a réussi à éloigner l'agresseur, quatre hommes sont morts dans le groupe qu'il protégeait. Florent Groberg porte à son bras droit un bracelet noir, où sont écrits les noms de ceux qui sont morts ce jour-là.

"Mon action, le pire jour de ma vie, ne m'appartient pas, mais appartient aux vrais héros qui sont les quatre hommes que j'ai perdus, et leurs familles", confiait-il à l'AFP quelques jours avant la remise de la médaille.

Désormais incapable de courir normalement, Florent Groberg est en train de quitter l'armée. Il souhaite désormais rentrer au Pentagone, dans le personnel civil.

Avec AFP
 

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