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SYRIE

Les militaires américains "raisonnablement certains" d’avoir tué "Jihadi John" en Syrie

Capture d'écran d'une vidéo de propagande où apparaît "Jihadi John".
Capture d'écran d'une vidéo de propagande où apparaît "Jihadi John". Capture d'écran France 24
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Les États-Unis ont procédé, jeudi, à des frappes en Syrie visant "Jihadi John", le bourreau masqué de l’EI qui s'affiche dans des vidéos du groupe jihadiste. Washington se dit "raisonnablement certain" d'avoir touché sa cible.

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Les militaires américains ont déclaré vendredi 13 novembre en être "raisonnablement certains" : le bourreau britannique de l’organisation de l’État islamique (EI) surnommé "Jihadi John" aurait été tué lors d’un raid aérien américain mené jeudi sur la ville syrienne de Raqqa.

"Cela prendra du temps, comme c'est toujours le cas [...] pour formellement prouver et déclarer que nous avons réussi", a néanmoins déclaré le colonel Steven Warren, un porte-parole militaire américain.

Les autorités britanniques jugent, elles aussi, probable que Jihadi John, Mohamed Emwazi de son vrai nom, ait été tué. "Je peux vous dire avec certitude que la frappe a été un succès, mais comme nous n'avons pas encore l'information, nous explorons toutes les voies possibles pour confirmer son décès", a déclaré le secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond, lors d'un déplacement à Prague.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un réseau d'informateurs en Syrie, a déclaré qu'un dirigeant "britannique" de l'EI, qu'il ne nomme pas, avait été tué en même temps que trois autres chefs jihadistes étrangers lors du raid.

"Un véhicule transportant quatre dirigeants étrangers de l'EI, y compris un jihadiste britannique, a été touché par une frappe aérienne américaine juste après le siège du gouvernorat dans la ville de Raqqa", a précisé Rami Abdel Rahman, directeur de l'OSDH.

La chaîne d'information CNN et le quotidien "Washington Post", citant des responsables américains, ont affirmé que la frappe provenait d'un drone et que la cible avait été repérée il y a plusieurs jours par le renseignement américain.

Sur Twitter, le groupe "Raqqa is being slaughtered silently" (Raqqa se fait tuer en silence) a posté vendredi une carte et un message indiquant que Jihadi John aurait été tué "à l'endroit où l'EI procède aux exécutions".

Le compte Twitter précise qu'il aurait été abattu par une frappe de drone alors qu'il quittait le tribunal islamique de la ville. 

Un complice présumé britannique de "Jihadi John" a par ailleurs été arrêté vendredi en Turquie, ont annoncé deux responsables turcs.

Un tueur "froid, sadique et impitoyable"

Toujours vêtu de noir, masqué et couteau à la main, "Jihadi John" est devenu l'incarnation de la cruauté de l'EI. L'homme est apparu sur des images de propagande macabres aux côtés de captifs américains, britanniques et japonais en combinaison orange, juste avant leur exécution, proférant avec un accent britannique des menaces à l'encontre des gouvernements concernés. Seuls ses yeux étaient visibles.

Il était apparu pour la première fois dans une vidéo en août 2014 montrant la décapitation de James Foley, un journaliste indépendant de 40 ans porté disparu en Syrie depuis novembre 2012. La vidéo, intitulée "Un message à l'Amérique", avait suscité des condamnations dans le monde entier.

Deux semaines plus tard, un autre otage américain, Steven Sotloff, subissait le même sort des mains du tueur. Il figurait aussi à l'image lors des décapitations du travailleur humanitaire britannique David Haines, du chauffeur de taxi de Manchester Alan Henning, de l'américain Peter Kassig, et des otages japonais Haruna Yukawa puis Kenji Goto.

Les témoignages sur Mohammed Emwazi retracent l'itinéraire d'un jeune Londonien d'origine koweïtienne sans problème, fan de football et de jeux vidéo, jusqu'à sa radicalisation pour devenir un tueur décrit comme "froid, sadique et impitoyable".

La frappe intervient au moment où l'armée américaine apporte un soutien aérien à une offensive majeure des peshmerga kurdes contre l'EI sur le mont Sinjar, dans le nord de l'Irak, et alors que doit se tenir une réunion internationale samedi à Vienne sur les perspectives de transition politique en Syrie.

L'EI contrôle de vastes territoires en Syrie, déchirée depuis 2011 par un conflit de plus en plus complexe qui a fait plus de 250 000 morts, et en Irak. Mais le groupe jihadiste semble reculer dernièrement, attaqué dans les deux pays par les armées nationales et pilonné par les aviations russe (en Syrie) et de la coalition internationale menée par les États-Unis (en Syrie et en Irak).

Avec AFP

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