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Dopage : la Russie suspendue provisoirement de la Fédération internationale d'athlétisme

Un scientifique dans les laboratoires de l'agence russe d'antidopage, à Moscou.
Un scientifique dans les laboratoires de l'agence russe d'antidopage, à Moscou. AFP / Stringer

La Fédération internationale d'athlétisme a suspendu provisoirement la Russie sur laquelle pèse des soupçons de dopage. Une décision qui peut compromettre la présence des athlètes russes aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en août 2016.

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La Russie, accusée de "dopage organisé", a été suspendue provisoirement par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), vendredi 14 novembre, et la question de la présence de ses athlètes aux prochains Jeux olympiques de Rio de Janeiro en août 2016 est désormais posée.

Sans surprise, l'IAAF a tranché dans le vif, épilogue logique d'une semaine où le monde de l'athlétisme a été ébranlé comme jamais par les révélations contenues dans le rapport d'une commission d'enquête indépendante de l'Agence mondiale antidopage (AMA), lundi à Genève.

Avec 22 voix pour la suspension et une seule contre, la sanction est tombée malgré un dernier feu d'artifice de bonnes intentions côté russe, symbolisé par la déclaration du ministre russe des Sports, Vitaly Moutko, juste avant le début de la réunion : "Nous sommes prêts à coopérer [avec l'IAAF] pour que notre athlétisme soit aux normes qui nous sont demandées [...] Nous sommes prêts à n'importe quelle mesure". Peine perdue.

>> À lire sur France 24 : "Poutine veut faire la lumière sur les accusations de dopage"

"Nous avons discuté de l'échec de l'ARAF [Fédération russe d'athlétisme, ndlr] et avons pris la décision de la suspendre provisoirement, la sanction la plus dure que nous puissions prendre à l'heure actuelle, a expliqué, vendredi, le président de l'IAAF, le Britannique Sebastian Coe dans un communiqué. Mais nous avons échangé et nous sommes tombés d'accord sur le fait que c'est tout le système qui a laissé tomber les athlètes, pas simplement en Russie mais partout dans le monde."

"Tout cela a été un signal d'alarme honteux, et il est clair que tricher à n'importe quel niveau ne sera pas toléré. Dans cette optique, l'IAAF, l'AMA, les membres des fédérations et les athlètes devons nous regarder en face, regarder nos cultures et nos méthodes afin d'identifier où les échecs existent", a-t-il poursuivi.

La Russie sous surveillance rapprochée

L'IAAF n'avait pas vraiment le choix. Dans son rapport, l'AMA avait été très claire : la Russie doit être suspendue de toute compétition en athlétisme, y compris pourquoi pas les JO-2016 de Rio de Janeiro (Brésil), tant qu'elle n'a pas démontré sa capacité à lutter efficacement contre le dopage. Le conseil de l'IAAF a donc suivi les recommandations de l'AMA, pour au moins acter dans les faits sa volonté de combattre le mal avec force. La suspension prend effet immédiatement.

"Je ne pense pas qu'ils pouvaient prendre une autre décision avec l'épée de Damoclès qu'ils avaient au-dessus de la tête, avec la pression exercée sur la commission", a commenté le ministre russe des Sports, cité par l'agence TASS sans préciser qui exerçait cette pression. "Cela fait partie des joies de la vie, écarter la Russie", a-t-il ajouté.

L'AMA a salué par la voix de son porte-parole la décision de l'IAAF : "C'était l'une de nos recommandations, cette décision est une nouvelle positive pour tous les athlètes propres dans le monde", a-t-il indiqué.

Certains pays avaient déjà été suspendus par l'IAAF, mais c'est la première fois que l'instance internationale, qui préside aux destinées du sport olympique numéro un, suspend une de ses fédérations membres pour dopage institutionnalisé. Un tel niveau de tricherie n'avait plus été vu depuis l'époque du bloc socialiste, notamment en RDA.

Vladimir Poutine n'a donc pas été entendu. Le président russe, qui a fait du sport une de ses priorités stratégiques pour le rayonnement de son pays, avait très clairement joué l'apaisement en milieu de semaine, et plaidé pour des sanctions personnalisées plutôt que collectives.

Retrouver le chemin des pistes

Première conséquence pratique : la Russie, qui devait accueillir les Mondiaux juniors d'athlétisme à Kazan du 19 au 24 juillet, en perd l'organisation. De même pour la Coupe du monde de marche par équipes, qui devait avoir lieu les 7 et 8 mai à Tcheboksary.

La décision ne l'IAAF ne doit pas faire conclure hâtivement que les athlètes russes ne seront pas présents à Rio pour les JO. D'abord parce que cette suspension n'est que provisoire. Aucune date de fin de suspension n'a été mentionnée par le conseil de l'IAAF, mais celui-ci se réunira de nouveau en mars 2016, à Cardiff, à l'occasion des Mondiaux de semi-marathon.

Cela laisse suffisamment de temps, quatre mois, à la Russie, pour faire en sorte de répondre aux attentes de l'instance, et ainsi permettre une réintégration in-extremis dans le giron sportif avant les Jeux qui se dérouleront du 5 au 21 août 2016.

L'IAAF a ainsi accompagné sa décision de mesures visant à permettre à la Russie de retrouver le chemin des pistes. Ces mesures n'ont pas été détaillées, mais une équipe d'inspection va être mise en place, présidée par le Norvégien Rune Andersen, et trois membres du conseil de l'IAAF qui seront désignés dans les prochains jours. Elle aura pour mission d'établir si oui ou non, la Russie fait suffisamment d'effort.

Peu après la décision de l'IAAF, le comité d'organisation des JO-2016 de Rio a indiqué vendredi qu'il allait faire "le maximum possible pour garantir des Jeux propres". "Nous allons travailler avec le CIO, l'IPC [paralympique] et l'IAAF pour protéger les athlètes propres", a déclaré à l'AFP le porte-parole du comité d'organisation.

Avec AFP

 

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