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Élections régionales : mode d'emploi

Les élections régionales se tiendront les 6 et 13 décembre 2015.
Les élections régionales se tiendront les 6 et 13 décembre 2015. Thierry Zoccolan, AFP

Les élections régionales qui se tiendront en France début décembre seront les premières depuis la réforme territoriale. Quels sont les changements ? Les modalités de vote ? Les enjeux ? Les forces en présence ? Tour d’horizon.

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Dix jours après les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis, la campagne officielle des élections régionales est lancée, lundi 23 novembre, pour deux semaines. Ces élections se tiendront les 6 et 13 décembre en France pour élire les représentants des 13 nouvelles régions issues de la réforme territoriale qui entrera en vigueur le 1er janvier 2016. France 24 vous donne les clés pour comprendre les enjeux de ce scrutin.

• De 22 à 13 régions, mais toujours 1 757 sièges de conseillers régionaux

Lors de ces élections, seront élus les 1 671 conseillers régionaux des nouvelles régions métropolitaines (hors Corse), les 41 conseillers régionaux de la Guadeloupe et les 45 conseillers régionaux de la Réunion. Aux mêmes dates se dérouleront également les élections des 51 conseillers de l’assemblée de Corse et des 102 conseillers des assemblées de Guyane et de la Martinique, devenues des collectivités territoriales uniques après fusion du département et de la région.

En-dehors du nombre de régions et de la durée du mandat – habituellement de 6 ans – des futurs conseillers régionaux, réduite de neuf mois pour que les prochaines élections aient lieu en mars 2021, rien ne change. Il s’agit toujours d’un scrutin à la proportionnelle et par sections départementales. Cela signifie que les électeurs d’une même région voteront pour des listes différentes en fonction du département où ils habitent. Ils n’auront donc pas nécessairement la possibilité de voter pour la tête de liste régionale, celle-ci ne pouvant être présente que dans une seule section départementale.

>> À voir sur France 24 : "Régionales : la gauche va-t-elle être sanctionnée ?"

Chaque liste doit comporter deux candidats de plus que de sièges à pourvoir en respectant la règle de la parité. Le nombre de sièges par département dépend du nombre d’habitants, en sachant que les départements ayant moins de 100 000 habitants ont au moins deux conseillers régionaux, et que les départements ayant plus de 100 000 habitants en ont au moins quatre.

Au premier tour, la liste qui recueille la majorité absolue des suffrages exprimés reçoit automatiquement un quart des sièges à pourvoir, arrondi à l’entier supérieur. Les autres sièges sont répartis selon la règle de la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

Si aucune liste n’obtient la majorité absolue, il est procédé à un second tour. Seules sont autorisées à se présenter les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés lors du premier tour. Par ailleurs, entre les deux tours, les listes peuvent être modifiées, notamment pour fusionner avec des listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. La répartition des sièges se fait selon les mêmes règles que pour le premier tour, à ceci près que la majorité absolue n’est plus requise.

• Des compétences élargies pour les régions

La réforme territoriale promulguée le 7 août 2015 a renforcé le rôle des régions, notamment en matière de développement économique. La région est ainsi responsable de la politique de soutien aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire. Elle devra, dans ce cadre, présenter un schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation qui fixera les orientations régionales pour une durée de cinq ans.

Autre gros dossier : l’aménagement durable du territoire. Comme pour le développement économique, chaque région devra rédiger un schéma régional d’aménagement durable du territoire dans lequel figureront les orientations stratégiques en matière d’aménagement du territoire, mobilité, lutte contre la pollution de l’air, maîtrise et valorisation de l’énergie, logement et gestion des déchets.

>> À lire sur France 24 : "Front républicain : vers une évolution de la position du PS aux régionales ?"

En plus de ces deux domaines de compétence, les régions restent en charge de la gestion des lycées, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et des transports hors agglomération. Elles ont enfin des compétences partagées avec les départements en matière de culture, de sport, de tourisme et de langues régionales.

Malgré les enjeux de ces élections régionales, peu de têtes de liste ont toutefois pris la peine de présenter un programme complet avec des propositions qui correspondent aux compétences des régions. "À quelques exceptions notables, les listes de candidats font campagne sans programme ou avec un programme qui tient sur un ticket de métro", notait ainsi le politique Thomas Guénolé, interrogé par France 24, le 6 novembre.

• Le Front national possible vainqueur dans deux régions

À défaut de faire des propositions concrètes et précises en rapport avec les régions, les candidats font donc campagne sur des enjeux nationaux. Et ce contexte, qui risque d'inciter les électeurs à sanctionner le parti au pouvoir, est renforcé par les événements du 13 novembre. Or le Parti socialiste dirige actuellement 21 régions sur 22 et pourrait donc perdre gros au soir du 13 décembre.

Résultats des élections régionales de 2010
Résultats des élections régionales de 2010 France24

Pour ces élections régionales, 171 listes ont été enregistrées au terme de la période des déclarations de candidatures, soit un total de 21 456 candidats et une moyenne de 10 listes par région. C’est un peu plus qu’en 2010, lorsque 20 584 candidats s’étaient présentés sur 254 listes.

Cette augmentation est principalement due aux divisions à gauche, puisque le Parti socialiste n'est globalement parvenu à faire alliance au premier tour qu'avec le Parti radical de gauche (PRG). Il risque par conséquent de se retrouver en troisième position derrière la droite et le Front national dans plusieurs régions au soir du premier tour.

À droite, l'alliance des Républicains (LR) et des centristes est présente dans toutes les régions métropolitaines. Soit limitée à des listes LR-UDI, soit avec leurs alliés du MoDem ou encore de Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT), comme en Normandie ou en Pays de la Loire. Une exception en Bourgogne Franche-Comté, où le MoDem se présente séparément.

Le Front national est quant à lui présent partout. Il n'est concurrencé sur sa droite que par deux listes conduites par d'anciens frontistes (Ligue du Sud et Force France Sud) en Paca et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Les sondages donnent la droite gagnante dans au moins sept des treize régions métropolitaines. Mais l’attention médiatique se portera sur les résultats du FN. Marine Le Pen pourrait en effet l’emporter en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, tandis que sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, espère rafler la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un dernier sondage Ipsos/Sopra Steria, publié dimanche 22 novembre, la donne d'ailleurs gagnante avec 41 % des voix au second tour devant la liste Les Républicains-UDI-MoDem (34 %) de Christian Estrosi et celle de gauche (25 %) de Christophe Castaner.

Alors front républicain ou pas ? Face à une montée du FN qui ne cesse de se confirmer élections après élections, le débat au sein du PS sur l’attitude à adopter au deuxième tour n’en finit plus. Au point de lasser les électeurs ? Comme en 2010 où elle avait été de 53,6 % au premier tour, l’abstention risque en effet d'atteindre des niveaux records.

Avec AFP et Reuters

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