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Quand le contre-terrorisme américain s'intéressait au cas Abaaoud en Belgique

Une cellule terroriste impliquant Abdelhamid Abaaoud a été démantelée en janvier dernier à Verviers, en Belgique
Une cellule terroriste impliquant Abdelhamid Abaaoud a été démantelée en janvier dernier à Verviers, en Belgique Valerie Kuypers, AFP

Les experts américains du contre-terrorisme avaient analysé la cellule terroriste belge de Verviers, qu'aurait dirigée Abaaoud. Une étude qui a permis aux spécialistes d'en déduire un scénario d'attentat très proche de celui survenu à Paris.

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Depuis les attentats de Paris, la commune de Molenbeek est devenue le centre médiatique du mal islamique en Belgique. Mais une ville belge et son réseau de jihadistes a peut-être aussi joué un rôle tout aussi important dans la tragédie du 13 novembre : Verviers. La police y a démantelé, le 15 janvier 2015, une cellule terroriste mise en place par Abdelhamid Abaaoud, également soupçonné d’être le coordinateur des attentats parisiens, tué lors d’un raid policier à Saint-Denis, mercredi 18 novembre.

Survenue moins d'une semaine après la tuerie de “Charlie Hebdo”, cette affaire n’a eu qu’un faible écho. Mais pas outre-Atlantique. Le département américain de la Sécurité nationale (Homeland Security) lui a même consacré une note entière en mai 2015, qui vient d’être déclassifiée. Les experts américains du contre-espionnage y assuraient que leurs homologues européens devaient se préparer à faire face à des actions terroristes telles que celles qui ont ensanglanté Paris.

Paris, aboutissement tragique de Verviers

Les experts américains ne se sont pas trompés. “Le scénario qu’ils décrivent ressemble de très près à ce qui s’est passé à Paris vendredi 13 novembre”, reconnaît Alain Charret, expert français du renseignement.

Les spécialistes ne prévoient pas d’acte précis, mais décrivent plutôt un mode opératoire. La cellule démantelée préparait des opérations lancées sur un territoire à partir d’un autre pays, probablement frontalier, impliquant l’utilisation d’armes automatiques et d’explosifs (comme le peroxyde d'acétone, utilisé par les kamikazes à Paris) par des assaillants munis de faux passeports pour brouiller les pistes.

Toute ressemblance avec des événements futurs n’est en l'occurrence pas fortuite. L’existence de cette cellule de Verviers démontre “pour la première fois que l’EI [organisation de l'État islamique, NDLR] a changé de vitesse en Europe et ne se contente plus de compter sur des loups solitaires”, analyse Alain Charret. Les attentats de Paris sont, à cet égard, l’aboutissement tragique de ce qui se tramait dans cette commune belge début 2015. Pour le Homeland Security, les terroristes de Verviers ne sont que “le premier exemple de découverte [en Europe] d’un large groupe d’opérationnels de l’EI prêts à réaliser des actions sophistiquées et très organisées”.

La menace d’Européens passés par la Syrie

Les experts américains soulignent aussi que cette affaire démontre que le principal danger provient “de jeunes Européens radicalisés qui ont effectué un voyage en Syrie” pour combattre aux côtés de l’EI. Rien de révolutionnaire dans cette analyse, mais les auteurs de la note en profitent pour prendre en exemple Abdelhamid Abaaoud qui caractérise, selon eux, cette menace de l’intérieur. Il incarne, d’après eux, ce que les terroristes recherchent : un jeune qui connaît le terrain, qui sait brouiller les pistes (il s’est fait passer pour mort auprès de sa famille), a les connexions nécessaires dans le monde criminel pour se procurer des armes (il a fait de la prison), et se montre très déterminé.

La note conclut que le précédent Verviers doit amener les services européens de lutte contre le terrorisme a rapidement intégrer cette évolution des ambitions et du modus operandi de l’EI, car, comme le résume Alain Charret, “à chercher essentiellement des traces de loups solitaires, ils risquent de rater les signaux révélateurs à une attaque plus organisée”.

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