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Les attentats à Paris joueront-ils en faveur de Marion Maréchal-Le Pen aux régionales ?

Marion Maréchal-Le Pen en campagne pour les régionales en Paca, vendredi 13 novembre 2015, sur un marché de Castellane.
Marion Maréchal-Le Pen en campagne pour les régionales en Paca, vendredi 13 novembre 2015, sur un marché de Castellane. Franck Pennant, AFP

Les attentats du 13 novembre semblent avoir bénéficié à la candidate du Front national en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marion Maréchal-Le Pen, donnée gagnante aux régionales par un sondage Ipsos/Sopra Steria publié dimanche.

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L’information a fait bondir les observateurs de la vie politique française : Marion Maréchal-Le Pen remporterait nettement la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). Jusqu’ici, seule Marine Le Pen, dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, semblait réellement en position de l’emporter pour le Front national (FN) lors des élections régionales, les 6 et 13 décembre. Mais sa nièce pourrait bien être aujourd’hui dans une position encore plus favorable.

Selon le dernier sondage Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France, publié dimanche 22 novembre, la tête de liste du FN en Paca obtiendrait ainsi 40 % des voix au premier tour, loin devant le candidat Les Républicains-UDI-MoDem Christian Estrosi (30 %) et le candidat PS-PRG Christophe Castaner (16 %). Au deuxième tour, Marion Maréchal-Le Pen est donnée gagnante avec 41 % des suffrages, contre 34 % pour l’ancien ministre de droite et 25 % pour le député-maire de Forcalquier.

En plus d’être en tête dans les sondages nationaux, avec 27 % à 30 % des intentions de vote au premier tour, le Front national pourrait donc bien gagner son pari en s’imposant dans deux régions. Deux succès qui, s’ils devaient se confirmer dimanche 13 décembre, ne seraient pas étrangers aux attaques terroristes du 13 novembre.

>> À lire sur France 24 : "Élections régionales : le mode d'emploi"

Le récent sondage plaçant largement en tête Marion Maréchal-Le Pen a en effet été réalisé du 19 au 21 novembre, soit une semaine après les attentats. Or un précédent sondage non publié, réalisé du 10 au 13 novembre par Ipsos, lui donnait trois points de moins au second tour (38 %), tandis que Christian Estrosi en obtenait deux de plus (36 %). L'effet 13-Novembre a donc sensiblement creusé l’écart. Les attaques commises à Paris et Saint-Denis et la réponse apportée par le gouvernement ont donné des ailes au FN.

"François Hollande a commis une faute politique colossale en reprenant à son compte des propositions comme la déchéance de nationalité ou le tout sécuritaire, qui sont vues par les Français comme étant historiquement des propositions du Front national, affirme ainsi Thomas Guénolé, politologue et enseignant à Sciences-Po Paris et HEC, contacté par France 24. En reprenant des propositions aussi emblématiques, Hollande a donné un brusque surcroit de légitimité au Front national. Or, les électeurs préféreront toujours l’original à la copie."

"Du pain béni pour le FN"

Les attentats revendiqués par l’organisation de l’État islamique (EI) permettent également au FN de nationaliser un peu plus son discours en vue des régionales. Alors que les enjeux régionaux étaient déjà très souvent absents des discours de ses candidats, ces derniers ont désormais un boulevard devant eux pour parler à l’envi de "l’immigration massive" et de "la menace islamiste".

Le fait que deux terroristes aient pu prendre le chemin des migrants fait lui aussi le jeu du Front national. "C’est du pain béni pour le FN, qui peut désormais lier crise des migrants et terrorisme, souligne Thomas Guénolé. Ça rentre complètement dans ce discours qui consiste à critiquer Bruxelles et à pointer du doigt les défaillances des frontières extérieures de l’Union européenne."

Le chef de file des socialistes dans la région Paca, Christophe Castaner, a d’ailleurs déploré, dimanche 22 novembre sur RTL, une surenchère dans les récentes interventions de ses adversaires de droite et d'extrême droite qui font, selon lui, "la course l'un derrière l'autre", à rebours du besoin de "sérénité et de sérieux".

>> À lire sur France 24 : "Front républicain : vers une évolution de la position du PS aux régionales ?"

Ce dernier a ainsi accusé Marion Maréchal-Le Pen d’en rajouter "dans la stigmatisation et la haine de l'autre", et a qualifié de "fantasme" et de "mensonge" les affirmations selon lesquelles "des bateaux arriveraient sur les côtes de Paca, avec un déferlement de migrants".

Nombre d'électeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur étaient déjà sensibles au discours de Marion Maréchal-Le Pen, qui exprime ponctuellement des positions similaires à celles de son grand-père, Jean-Marie Le Pen, sur les thèmes historiques de l’extrême-droite. Le contexte post-13-Novembre lui offre un coup de pouce inespéré.

Avec AFP

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