ÉLECTION

Le libéral Mauricio Macri remporte l'élection présidentielle en Argentine

Mauricio Macri célèbre sa victoire depuis le quartier général de la coalition Cambiemos, le 22 novembre 2015.
Mauricio Macri célèbre sa victoire depuis le quartier général de la coalition Cambiemos, le 22 novembre 2015. Tony Valdez, Cambiemos, AFP
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Le libéral Mauricio Macri a remporté, dimanche 22 novembre, le second tour de l'élection présidentielle en Argentine, et mis fin à 12 ans de gouvernement Kirchner. Un virage à droite pour la troisième économie d'Amérique latine.

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Le libéral Mauricio Macri a remporté, dimanche 22 novembre, le second tour de l'élection présidentielle en Argentine. Après le dépouillement de 91 % des bulletins de vote, le maire de Buenos Aires, 56 ans, totalise 52,11 % des voix, contre 47,89 % à son adversaire Daniel Scioli, candidat de la coalition de gauche au pouvoir, qui a admis sa défaite.

"Nous sommes submergés d'émotions. Merci. Merci d'avoir cru que nous pouvions construire l'Argentine dont nous rêvons. Je suis là car vous l'avez décidé", a lancé le président-élu aux milliers de militants réunis au quartier général de la coalition Cambiemos (Changeons, NDLR). Aussitôt après l'annonce des premiers résultats, une explosion de joie a retenti parmi ces partisans.

La présidente de gauche Cristina Kirchner, à la tête du pays depuis 2007 après avoir succédé à son mari, ne pouvait pas se présenter pour un troisième mandat consécutif, selon la Constitution.

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"Un changement d'époque qui va être merveilleux"

Dans son discours de victoire, Mauricio Macri a appelé à remiser les rancœurs après douze ans de Kirchnérisme. "C'est un jour historique, c'est un changement d'époque qui va être merveilleux", "sans revanche ni règlements de comptes", a assuré celui qui prendra ses fonctions le 10 décembre. "Avec votre vote, vous avez rendu possible l'impossible", a-t-il lancé sous les ovations, avant d'improviser quelques pas de danse, au son de la musique latine qui retentissait dans une ambiance de fête.

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"On n'oubliera jamais cette soirée", a déclaré Maria Eugenia Vidal, 42 ans, élue à la surprise générale, le 25 octobre, gouverneur de la province de Buenos Aires, la plus peuplée du pays, rassemblant 16 des 41 millions d'Argentins, succédant à Daniel Scioli.

Outsider de cette élection, Mauricio Macri, fils d'un puissant homme d'affaires italien qui a fait fortune en Argentine, a bâti une coalition victorieuse autour du parti de droite qu'il a fondé, le PRO, en associant notamment les radicaux de l'UCR (centre-gauche), un parti historique diminué qui a offert à Cambiemos son réseau national.

Cet ancien président du club de football de Boca Juniors, le plus prestigieux d'Argentine, promet une rupture avec la politique économique protectionniste menée par les gouvernements de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner.

Virage à droite

Le nouveau président, élu pour un mandat de quatre ans reconductible, aura pour principale mission de redresser l'économie, au bord de la récession, après 10 ans de forte croissance.

L'Argentine affiche un important déficit budgétaire, que Cristina Fernandez a financé en émettant des pesos, ce qui a contribué à alimenter une inflation à deux chiffres. Les réserves en devises sont à leur plus bas niveau depuis neuf ans et le pays ne peut se financer sur les marchés obligataires depuis qu'il a fait défaut sur sa dette l'an dernier.

Mauricio Macri a promis pendant la campagne électorale d'ouvrir le pays aux capitaux en levant les contrôles sur les changes et le commerce et en mettant fin au bras de fer entre l'Argentine et les détenteurs d'obligations souveraines du pays qui ont rejeté par deux fois, en 2005 et 2010, des rééchelonnements de la dette nationale.

Ces dernières semaines, Cristina Fernandez s'est exprimée plusieurs fois pour appeler les électeurs à garantir le maintien des généreux programmes sociaux du gouvernement en faveur de l'éducation, de la santé et des mères pauvres. "Quand je partirai, plaise à Dieu que ne soit pas détruit ce qu'il a fallu des années pour construire", a-t-elle lancé à ses partisans lors d'un récent meeting.

Avec AFP et Reuters

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