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Mali : trois jours de deuil après l’attaque du Radisson, doublement revendiquée

Le Mali entament trois jours de deuil après l'attaque de l'hôtel Radisson de Bamako, revendiquée par deux groupes jihadistes distincts.
Le Mali entament trois jours de deuil après l'attaque de l'hôtel Radisson de Bamako, revendiquée par deux groupes jihadistes distincts. Issouf Sanogo, AFP

Après l’attaque sanglante du Radisson de Bamako, le Mali entame, lundi, trois jours de deuil national. Deux groupes jihadistes ont revendiqué la tuerie : le groupe Al-Mourabitoune et le Front de libération du Macina, groupe du centre du Mali.

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Le Mali observe, à partir du lundi 23 novembre, trois jours de deuil en mémoire des victimes de l'attaque jihadiste qui a fait vendredi au moins 19 morts dans l’hôtel Radisson de Bamako. Deuil auquel se joignent par solidarité le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée.

L'hôtel Radisson Blu a été attaqué vendredi matin par des hommes armés qui y ont retenu 170 clients et employés. Les forces maliennes, appuyées par les forces spéciales françaises et par des agents des États-Unis et de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), sont intervenues.

Selon le dernier bilan du gouvernement malien, l'attaque a fait 19 morts, soit 18 clients (dont 14 étrangers) et un gendarme malien, outre deux assaillants tués. La Minusma a évoqué de son côté "22 personnes tuées, dont deux assaillants".

Une attaque doublement revendiquée

L'enquête s'oriente vers "plusieurs pistes", sans certitude sur le nombre et la nationalité des auteurs de l'attaque, revendiquée successivement par deux groupes jihadistes distincts.

L'attaque a d’abord été revendiquée par le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, "avec la participation" d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le groupe a affirmé dimanche que les assaillants étaient uniquement au nombre de deux et laissé entendre qu'ils étaient maliens. Dans un enregistrement en arabe diffusé par Al-Jazira, un porte-parole d'Al-Mourabitoune les a identifiés comme Abdelhakim al-Ansari et Moez al-Ansari, le qualificatif "al-Ansari" désignant des combattants autochtones.

>> À lire sur France 24 : "L’attentat de Bamako réveille le spectre de 'l’insaisissable' Mokhtar Belmokhtar"

Dimanche, un groupe jihadiste du centre du Mali, le Front de libération du Macina (FLM), a revendiqué à son tour l'attentat dans un communiqué envoyé à l’AFP. Il assure que l’attentat a été perpétré en collaboration avec Ansar Dine (groupe jihadiste du Nord) par un commando de cinq membres dont "trois sont sortis sains et saufs". "Cette attaque est venue comme une réaction contre les attaques des forces (françaises) Barkhane qui visent certains éléments du Front et Ansar Dine à l'aide de l'armée malienne et le soutien de certains pays occidentaux", affirme Ali Hamma, porte-parole du FLM, apparu au début de l'année et dirigé par le prédicateur radical peul Amadou Koufa.

Complicités locales ?

Trois personnes soupçonnées d'implication dans l'attentat sont toujours "activement" recherchées, selon une source de sécurité malienne. Une autre source au sein du renseignement malien a parlé à l'AFP de "trois à quatre complices" locaux qui auraient aidé les assaillants, "des étrangers" à la peau noire - de nationalité indéterminée - à se fondre dans la population avant de passer à l'acte.

Des mesures de sécurité ont été renforcées aux abords des grands hôtels. Un rehaussement de sécurité plus discret était également visible devant des mairies d'arrondissement et des banques. Mais dès samedi, les rues de Bamako avaient retrouvé leur activité habituelle. Et dimanche, les bruyants cortèges de mariage étaient visibles dans la capitale, en dépit de l'état d'urgence en vigueur depuis vendredi soir interdisant théoriquement tout rassemblement.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés par l'intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l'année vers le centre, puis le sud du pays.

Avec AFP

 

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