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Le pilote russe secouru en Syrie accuse la Turquie

Un Sukhoï Su-24, tel que celui qui a été abattu par l'armée turque, le 24 novembre 2015.
Un Sukhoï Su-24, tel que celui qui a été abattu par l'armée turque, le 24 novembre 2015. Alexander Kots / Komsomolskaya Pravda / AFP

L'armée turque n'a adressé aucune sommation à l'avion de combat russe avant de l'abattre, a affirmé mercredi à la télévision russe le seul pilote ayant survécu au crash de la veille, sauvé par l'armée russe et syrienne.

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Le pilote russe survivant du bombardier Sukhoï-24 abattu mardi par l’armée turque a assuré mercredi 26 novembre qu'il survolait bien le territoire syrien - et non turc comme le clame Ankara - et qu'il n'avait reçu aucune sommation avant l'attaque, contrairement à ce qu'affirment les Turcs.

Son coéquipier d’infortune, qui avait également réussi à s'éjecter de l’appareil en feu, a été tué par des rebelles alors qu'il descendait en parachute, selon l'état-major russe.

"Il n'y a eu aucun avertissement, ni visuel ni par radio. Il n'y a eu absolument aucun contact", a déclaré à l'agence Tass le capitaine Konstantin Mourakhtine, interrogé dans un hôpital de la province de Lattaquié.

"S'ils (les avions turcs) avaient voulu nous mettre en garde, ils auraient pu se signaler en suivant une route parallèle à la nôtre. Il n'en a rien été. Soudain, le missile a touché la queue de notre appareil, nous ne l'avons pas vu assez tôt pour tenter une manœuvre."

Lorsqu'un journaliste lui demande s'il est entré dans l'espace aérien turc, le pilote dit "l'exclure entièrement, même pour une seconde". Et d’ajouter : "Nous étions en train de voler à une altitude de 6 000 mètres, le temps était dégagé, je pouvais voir parfaitement sur la carte et au sol où se trouvait la frontière et où nous étions", assure-t-il.

Sauvé par des forces spéciales russes et l’armée syrienne

Konstantin Mourakhtine est présenté comme "l'un des meilleurs pilotes" de Russie par la chaîne de télévision Zvezda, propriété du ministère russe de la Défense, seule à montrer une photographie de son visage, sans que l'on puisse affirmer avec certitude qu'il s'agit de l'homme filmé de dos par les autres chaînes.

Ce dernier a pu être récupéré sain et sauf mardi soir par les forces spéciales russes et l’armée syrienne, dans une zone où opèrent les insurgés. "L'opération a été un succès. Le pilote a été rapatrié sur notre base" de Hmeimim en Syrie, a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, cité par les agences russes, remerciant "tous les hommes qui ont pris d'énormes risques toute la nuit" pour le sauver.

Selon le ministre russe, la mission de sauvetage "a duré 12 heures" et a été déclarée terminée à 3 h 40, heure de Moscou (0 h 40 GMT). Un fusilier-marin russe a été tué lors de cette opération, après qu'un hélicoptère Mi-8 eut été endommagé par des tirs.

La tension reste vive entre Ankara et Moscou. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré, mercredi 25 novembre, que la décision d'abattre le Sukhoï Su-24 relève d'une "provocation planifiée" de la part de la Turquie.

Mardi, c'est un Vladimir Poutine en colère qui a comparé l’opération turque à un "coup de poignard dans le dos" et appelé ses concitoyens à boycotter les plages de Turquie face au "danger terroriste".

À des fins d'apaisement, Sergueï Lavrov et son homologue turc Mevlut Cavusoglu "se sont mis d'accord pour se rencontrer dans les jours qui viennent".

Dans la soirée, l'armée turque a annoncé avoir pris contact avec les autorités militaires russes à Moscou et s'est dite prête à "toutes les formes de coopération".

Avec AFP et Reuters

 

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