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COP21 : Après l'interdiction d'une "marche", la société civile cherche des alternatives

Joel Saget, AFP

Privée de marches citoyennes "pour des raisons de sécurité", la société civile française a décidé malgré tout de faire entendre sa voix avant la COP21. Mobilisation en ligne, chaîne humaine… Tour d’horizon des propositions alternatives.

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La société civile française ne lâche rien : elle tient à sa COP21. Alors que le gouvernement français a décidé "de ne pas autoriser" sur le territoire les marches citoyennes pour le climat, prévues les 29 novembre et 12 décembre dans le monde et donc en France, à la suite des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, les ONG, think tank, entreprises "vertes" ou simples citoyens engagés s’interrogent sur les moyens de faire entendre leur voix.

>> À lire sur France 24 : "Réchauffement climatique : 100 millions de pauvres supplémentaires en cas d'inaction"

Comment manifester son attachement à la lutte contre le changement climatique, en plein état d'urgence ? Comment faire pression sur les 147 chefs d’État et de gouvernement qui se réuniront au Bourget du 30 novembre au 11 décembre pour la COP 21 ? Entre appel à la dissidence et la mise en place d’alternatives, physiques ou sur la Toile, les propositions se multiplient à moins d’une semaine de l’ouverture de la conférence mondiale. Tour d’horizon. 

"Marche pour moi"

La Coalition Climat 21 (qui rassemble 130 associations et mouvements), la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace et le WWF (Fonds mondial pour la vie sauvage) ont notamment lancé l’initiative "March4me" (en français, "Marche pour moi"), un dispositif digital soutenu par Facebook qui permet de mettre en lien les Français qui auraient aimé défiler à Paris et dans certaines grandes villes de France, avec des marcheurs du monde entier qui les représenteront. "Si vous ne pouvez pas faire entendre votre voix chez vous, faites-la résonner ailleurs dans le monde. Des marcheur-euses de tous pays peuvent porter votre message en votre nom", peut-on lire sur le site.

Vidéo "Marche4Me"

L’organisation "Avaaz" a, elle, imaginé de "faire marcher nos chaussures". L’association propose de recouvrir, le 29 novembre, la place de la République et les rues parisiennes avoisinantes "de chaussures, qui symboliseront chacun de nos pas. Des milliers et des milliers de ‘chaussures en marche’", qui seront collectées tous les jours jusqu’au 28 novembre à la sortie du métro République, à Paris.


Le bruit et la couleur

L’opération "Grande Clameur pour le climat" suggère de faire du bruit pour "exprimer de manière sonore et sensible l’engagement des citoyens dans la lutte contre le dérèglement climatique". Les citoyens sont donc appelés à faire entendre leurs inquiétudes ou récriminations en musique depuis leur balcon, fenêtres ou avec leur portable dans la rue, chaque jour du 29 novembre au 12 décembre, à 20 h du lundi au vendredi et à midi le week-end.

"En terrasses de café, dans les boulangeries, les coins de rue, les balcons et les fenêtres, et même sur les vêtements, un symbole sera proposé pour exprimer son engagement pour le climat", a encore proposé la "Coalition Climat 21". Un signe distinctif va être créé, à l'instar du cœur vert utilisé lors de la manifestation géante à New York en septembre 2014 à l'occasion du sommet sur le climat à l'ONU. L'idée : l'arborer sur les vêtements, dans les vitrines des magasins, aux balcons, etc. Dans la même veine, "Agir pour l’environnement" propose une série d’affichettes à télécharger en ligne gratuitement et à disposer sur les moyens de locomotion, lieu de travail ou sur les panneaux associatifs.

Défier l’interdit

Sur Change.org, les plus résistants appellent à "braver l'état d'urgence" et donne rendez-vous à qui le souhaite le dimanche 29 novembre, comme prévu initialement, sur la place de la République pour manifester. "S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l'occasion de la COP21 est un enjeu primordial et nous n'acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester", peut-on lire dans la pétition signée par plusieurs dizaines de chercheurs, philosophe, artistes, etc.

Plus modérés, Alternatiba et Attac invitent à former une chaîne humaine à midi, le 29 novembre, entre les places de la République et de la Nation.

Mobilisation en ligne

Enfin, pour ceux qui ont le militantisme plus "virtuel", plusieurs idées de campagne sur Internet ont été avancées. Oxfam propose notamment aux citoyens de poster sur les réseaux sociaux des photos de leur regard accompagné de messages pour défendre la justice climatique. "L’objectif ? Montrer aux décideurs que les citoyens ne les quitteront pas des yeux et seront attentifs à leurs engagements pour le climat", écrit l’association. Les photos circulent déjà sur les réseaux sous les hashtags #EyesOnParis et #ClimateChange.

Le site Stand Up 4 Climate (#StandUp4Climate, sur Twitter) invite lui aussi à manifester sur les réseaux sociaux. "Soyons des milliers, des millions de tous les pays pour faire pression sur les négociateurs et sauver la planète. Apportez votre voix #StandUp4Climate, contre l'inaction et les lobbies, pour la justice climatique et les générations futures", explique le site.

 

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