POLOGNE

La justice polonaise confirme son refus d'extrader Polanski vers les États-Unis

Le réalisateur Roman Polanski le 30 octobre 2015 au Tribunal régional de Cracovie, en Pologne.
Le réalisateur Roman Polanski le 30 octobre 2015 au Tribunal régional de Cracovie, en Pologne. Janek Skarzynski, AFP

Le parquet polonais a annoncé qu'il ne ferait pas appel du refus de la justice d'extrader le réalisateur Roman Polanski aux États-Unis, où il est accusé d'avoir violé une mineure. Néanmoins, le procureur général peut encore casser cette décision.

Publicité

Le réalisateur Roman Polanski ne sera pas extradé vers les États-Unis pour une affaire de relation sexuelle avec une mineure remontant à 1977. Le parquet polonais a en effet définitivement refusé la remise du cinéaste aux autorités américaines.

"L'analyse des éléments recueillis sur ce dossier (..) nous permet de considérer que la décision du tribunal de refuser l'extradition de Roman Polanski aux États-Unis est correcte", a déclaré, vendredi 27 novembre, dans un communiqué, le parquet de Cracovie, en faisant référence au rejet le 30 octobre dernier par un juge polonais de cette demande américaine.

Au nom du réalisateur, l’un de ses avocats Jan Olszewski a déclaré qu’il se sentait très soulagé après cette décision. "Cela signifie qu'il lui sera possible de commencer le tournage de son film prévu en Pologne", a-t-il précisé.

Un feuilleton judiciaire

Cette affaire devenue très médiatique concerne des faits qui se sont déroulés il y a près de 40 ans. Roman Polanski, alors âgé de 43 ans, a reconnu en 1977 avoir eu une relation sexuelle avec une mineure de 13 ans lors d'une séance de photos à Los Angeles. Il a alors passé 42 jours en prison avant d'être remis en liberté après une négociation. Il a ensuite fui les États-Unis l'année suivante, redoutant que le magistrat chargé du dossier ne revienne sur l'accord passé à l'époque et ne le condamne à plusieurs années de prison.

En 2009, il a été arrêté à Zurich sur mandat d'arrêt des États-Unis et placé en résidence surveillée. Il a été libéré l'année suivante après la décision des autorités suisses de ne pas l'extrader. Les États-Unis ont ensuite demandé son arrestation à la Pologne après une apparition du réalisateur à Varsovie en 2014.

Il revient désormais au ministre de la Justice de communiquer la décision du tribunal aux autorités américaines. Or, le nouveau ministre conservateur, Zbigniew Ziobro, s'était prononcé dans le passé en faveur de l'extradition de Roman Polanski. Le procureur général, légalement indépendant du ministre de la Justice, a encore six mois pour casser la décision du parquet de Cracovie.

Le réalisateur, aujourd'hui âgé de 82 ans, vit à Paris, mais possède également un appartement dans cette ville polonaise et se rend régulièrement dans son pays d'origine.  

Avec AFP et Reuters

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine