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Le pape François entame une visite à haut risque en Centrafrique

Un soldat de la Minusca monte la garde à l'extérieur du stade Barthélemy Boganda de Bangui le 28 novembre 2015, près d'un panneau annonçant la visite du pape François.
Un soldat de la Minusca monte la garde à l'extérieur du stade Barthélemy Boganda de Bangui le 28 novembre 2015, près d'un panneau annonçant la visite du pape François. Gianluigi Guercia, AFP

Le pape François se rend dimanche en Centrafrique, dernière étape de sa visite en Afrique, sans doute la plus dangereuse. Des mesures de sécurité ont été mises en œuvre par les militaires français et les soldats de l'ONU pour assurer sa protection.

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Le pape François entame dimanche 29 novembre la troisième étape, la plus risquée, de son voyage en Afrique, en se rendant à Bangui, la capitale de la Centrafrique, en proie aux violences interreligieuses, pour y porter un message de paix et de réconciliation.

Les casques bleus (10 900 hommes au total à travers le pays) et le contingent militaire français (900) comme la police centrafricaine quadrillent Bangui, et le dispositif sécuritaire a été renforcé sur les sites où se rendra le pape, notamment l'enclave musulmane du PK5, le stade de 20 000 places et un camp de déplacés.

"Bangui est une petite ville [...]. En cas de mouvement de foule, ça sera très difficilement gérable", s'inquiétait samedi une source diplomatique sous couvert d'anonymat.

Le ministre de la Sécurité, Chrysostome Sambia, se disait de son côté "serein, car tout a été mis en œuvre pour assurer la sécurité du pape [...] Il n'y a pas de menace avérée". Il concédait toutefois que certaines informations faisaient état de "groupes animés de mauvaises intentions dans certains quartiers" placés sous haute surveillance.

>> À lire sur France 24 : "Kenya, Ouganda, Centrafrique : la première tournée africaine du pape"

L'opportunité de maintenir ou non la visite du pape, alors que la situation n'est pas du tout apaisée dans la capitale centrafricaine entre miliciens Séléka (majoritairement musulmans) et anti-Balaka (chrétiens), à quelques semaines de la date prévue des élections, a été beaucoup discutée.

Les services secrets français ont clairement déconseillé au pape d'accomplir un programme qui le fait visiter plusieurs lieux à risque.

Le Vatican a de son côté déclaré que l'étape serait maintenue intégralement, sauf si des évènements graves mettaient en péril in extremis la sécurité des foules. "Tout le programme dans son ensemble est confirmé", a répété samedi soir le père Federico Lombardi, son porte-parole.

Saluer tous les Centrafricains "quelle que soit leur ethnie ou leur religion"

En amont de sa visite, François a dit vouloir saluer tous les Centrafricains "quelle que soit leur ethnie ou leur religion". De nombreux habitants de province, ainsi que des Congolais et des Camerounais, sont attendus à Bangui dimanche.

Avant son départ pour l'Afrique, François avait envoyé un message vidéo aux Centrafricains, réaffirmant son intention de contribuer à "un avenir plus serein pour la Centrafrique". Le pape avait rappelé qu'il ouvrirait à l'occasion, "un peu en avance", l'Année jubilaire de la miséricorde - une "Année sainte" proclamée par François.

>> À lire sur France 24 : "Sept morts dans de nouvelles violences à Bangui"

Le pape doit ouvrir dans la cathédrale de Bangui une porte sainte. Il s'agit d'un geste symbolique traditionnel dans les Jubilés : les croyants, en franchissant une porte sainte en pèlerinage, obtiennent le pardon de leurs péchés. Le Jubilé doit être inauguré le 8 décembre à Rome mais le pape a décidé d'ouvrir cette porte à Bangui 10 jours avant, dans un geste pour l'Afrique souffrant de nombreux conflits.

Le pays a basculé dans la violence après la prise du pouvoir à Bangui de la rébellion à majorité musulmane de la Séléka en mars 2013, qui a commis de graves exactions à l'encontre des civils. L'intervention militaire française en décembre 2013 a chassé la Séléka du pouvoir, mais le pays reste depuis enlisé dans les violences entre musulmans et chrétiens.

Avec AFP

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