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Crise des migrants : Bruxelles scelle un accord avec une Turquie en position de force

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le 29 novembre à Bruxelles, au terme du sommet avec les dirigeants européens.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le 29 novembre à Bruxelles, au terme du sommet avec les dirigeants européens. Emmanuel Dunand, AFP

Les Vingt-Huit et le Premier ministre turc sont tombés d'accord, dimanche, sur un plan de coopération en matière migratoire. Ankara percevra trois milliards d'euros d'aide européenne et une relance des négociations en vue de son adhésion dans l'UE.

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Partenaire incontournable pour endiguer le flux de migrants qui convergent vers l'Europe, la Turquie a scellé un accord, dimanche 29 novembre, avec l'Union européenne pour contribuer aux efforts en contrepartie d'une aide financière, de l'octroi de visas et d'une relance des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

En échange de son implication dans la plus grave crise migratoire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement turc recevra trois milliards d'euros d'aide
européenne pour financer la prise en charge des migrants se trouvant sur son territoire qui compte notamment près de 2,2 millions de réfugiés syriens. "Dès lors que la Turquie fait un effort pour accueillir des réfugiés, ceux là même qui ne viendront pas en Europe, il est légitime que la Turquie reçoive une aide de l'Europe pour l'accueil des réfugiés", a déclaré le président François Hollande.

"Un jour historique"

À son arrivée à Bruxelles, Ahmet Davutoglu a salué un "jour historique dans notre processus d'accession à l'UE" et un "nouveau départ" dans les relations entre Ankara et les Européens. En effet, Ankara a obtenu la réouverture d'un nouveau chapitre des négociations sur une adhésion de la Turquie, dans l'impasse depuis 2005.

Elle aussi présente à Bruxelles, la chancelière allemande, Angela Merkel a déclaré que l'accord annoncé dimanche permettrait de fournir 3 milliards d'euros d'aide en direction des réfugiés syriens installés en Turquie. Dans le détail, l’accord scellé acte une politique du donnant-donnant : les Européens vont offrir aides et assistance pour favoriser le maintien des réfugiés syriens en Turquie, même si les Européens ne sont pas d’accord entre eux pour savoir qui paiera, contre une action plus déterminée des Turcs pour lutter contre l’immigration illégale et les passeurs.

Encore quelques réticences

Avant l’annonce de l’accord, quelques réticences subsistaient, notamment du côté de la Grèce et de Chypre. D'autres États membres craignaient aussi de donner l'impression à la Turquie et à l'opinion publique que l'Europe abaissait ses exigences en matière de droits de l’Homme, selon des sources diplomatiques.

L'UE a en effet récemment fustigé "les graves reculs" de la liberté d'expression en Turquie et jugé "inquiétante" la situation de deux journalistes turcs, inculpés et écroués pour un article sur de possibles livraisons d'armes par les services secrets turcs à des islamistes en Syrie.

Avec AFP et Reuters

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