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ÉTATS-UNIS

Washington prêt à mobiliser davantage de soldats pour combattre l'EI en Syrie et en Irak

Des soldats américains présents sur le terrain entraînent des troupes irakiennes en 2015.
Des soldats américains présents sur le terrain entraînent des troupes irakiennes en 2015. AFP, Archives
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Les forces spéciales américaines en Syrie devraient voir leur effectif renforcé, tandis qu’une unité sera déployée en Irak, a annoncé le Pentagone mardi. Cette décision marque un retour des forces terrestres américaines en zone de conflit.

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Washington s’est dit prêt, mardi 1er décembre, "à renforcer" la cinquantaine de soldats des forces spéciales envoyés dans le nord de la Syrie, annonçant dans le même temps le déploiement d’une unité de forces spéciales en Irak pour des raids ciblés contre l’organisation de l’État islamique (EI).

En Syrie, "là où nous trouverons de nouvelles opportunités de développer" le groupe des forces spéciales déjà sur place, "nous serons prêts à le renforcer", a déclaré le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants.

En Irak, les États-Unis "sont en train de déployer" une "unité spécialisée" des forces spéciales pour "aider les forces irakiennes et kurdes peshmergas" à mener des raids sur le terrain contre l’EI, a-t-il ajouté. "Ces forces spéciales seront à terme capables de conduire des raids, libérer des otages, obtenir du renseignement et capturer des responsables de l’organisation de l’État islamique", selon M. Carter. Il s'agit de "créer un cercle vertueux où du meilleur renseignement génère plus de cibles, plus de raids, et plus de pression" sur l’EI, a-t-il expliqué. Cette unité de forces spéciales "sera également en position de conduire des opérations unilatérales" en Syrie, selon M. Carter.

Le retour des forces terrestres en zone de conflit

Ce renforcement de l'implication des forces spéciales traduit la volonté de Washington d'intensifier son effort contre l’EI, après plus de quinze mois de campagne. Il grignote un peu plus le principe, cher au président Obama, du "pas de soldats sur le terrain" appelé la "no boots" théorie en anglais.

Le déploiement de quelque 50 forces spéciales sur le terrain en Syrie pour aider les forces arabes et kurdes avait déjà été annoncé le 30 octobre par la Maison blanche. Jusqu'à cette date, les États-Unis avaient préféré privilégier l’option des frappes aériennes contre l’EI, envoyant tout de même quelque 3 500 conseillers militaires et formateurs en Irak, tout en les gardant à l'écart des combats.

Appel aux "forces sunnites", colère des milices chiites

Les États-Unis ne veulent toutefois pas rester seuls à intensifier leurs efforts contre le groupe EI. "J'espère que les attentats de Paris vont galvaniser toute l'Europe pour en faire plus, parce que" ces pays "ont besoin d'en faire plus", a souligné M. Carter. L'appel à en faire davantage s'adresse aussi "particulièrement" aux pays voisins de l'Irak et de la Syrie, a-t-il souligné. "Les forces naturelles" pour intervenir sur le terrain dans les régions sunnites de l'Irak et de la Syrie seraient "des forces sunnites", qui seraient "plus efficaces et plus avisées" que d'autres troupes, a souligné M. Carter.

Réagissant aux propos d'Ashton Carter, le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a déclaré dans un communiqué que l'Irak n'avait pas besoin de forces terrestres étrangères, ajoutant que tout déploiement de troupes étrangères nécessitait l'approbation de son gouvernement et ne devait pas empiéter sur la souveraineté nationale irakienne.

De leurs côté, des milices chiites irakiennes ont rejeté tout déploiement de forces américaines dans leur pays et promis de s'y opposer par les armes. "Nous pourchasserons et combattrons tout contingent américain qui sera déployé en Irak. Toute force américaine de ce genre deviendra la cible numéro un de notre organisation. Nous avons combattu les Américains par le passé et nous sommes prêts à reprendre la lutte", a déclaré Djafaar Hussaini, porte-parole du mouvement Kata'ib Hezbollah. Les porte-parole de l'organisation Badr, soutenue par l'Iran, et du mouvement Assaïb Ahl al Hak ont fait eux aussi des déclarations dans le même sens.

Avec Reuters et AFP
 


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