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ENVIRONNEMENT

COP21 : les trois défis d’une semaine critique

Sebastian Seibt / France 24

Alors que les négociateurs de la COP21 n'ont plus qu'une semaine pour parvenir à un accord, plusieurs experts détaillent à France 24 ce qui bloque encore.

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C’est, d’après le président de la COP21 Laurent Fabius, la "semaine de l’espoir" qui s’ouvre. Elle devrait permettre aux négociateurs d’aboutir à un accord “historique” sur le climat, anticipe déjà Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU. Les deux principaux organisateurs de la conférence sur le climat de Paris ont affiché leur optimisme, lundi 7 décembre, après avoir reçu ce week-end une première ébauche de texte pour l’accord.

COP21 : Les 3 défis d’une semaine critique - Le point sur la situation

Un optimisme de bonne augure. Car "à Copenhague, en 2009, tout le monde savait après la première semaine que les négociations n’allaient pas aboutir”, a affirmé à France 24 Mohamed Adow, responsable du volet changement climatique pour l’ONG Christian Aid.

La partie semble mieux emmanchée pour cette nouvelle édition de la COP. Reste que 150 signatures de chefs d’État et de gouvernement au bas d’un texte ne suffiront pas à en faire un succès. “Le symbole d’un accord à autant de parties serait très fort, certes, mais le risque est que la substance du texte soit très en deça de ce qui est nécessaire pour rester sous la barre des 2°C de hausse des températures”, souligne Céline Charveriat, responsable des campagnes pour l’ONG Oxfam, interrogée par France 24.

La tentation, dénoncée par les observateurs extérieurs, serait de se satisfaire d’un compromis a minima, afin de pouvoir annoncer qu’un accord global a été trouvé, alors qu'aucun véritable consensus n'a pu être dégagé. À ce stade, les discussions achoppent tout particulièrement sur trois points sensibles : l'énergie, la révision et le financement. Passage en revue des difficultés.

Une question d’énergie. Les négociateurs ne sont toujours pas d’accord sur le sort des énergies fossiles. Le texte reflète bien les tensions autour de cette question : les uns veulent inclure le terme “décarburation” (utilisé pour mettre fin à une économie basée sur l'utilisation des énergies fossiles) tandis que d’autres préfèrent le concept plus flou de “neutralité climatique”.

“Le texte ne fait pas non plus mention des énergies renouvelables”, souligne par ailleurs à France 24 Agathe Euzen, déléguée scientifique au développement durable à l'Institut Écologie et Environnement (INEE) du CNRS et responsable du dossier de la COP21 pour le centre de recherche français. Pour elle, les importants pays producteurs d’énergie fossile, que ce soit l’Arabie saoudite, le Qatar ou encore la Russie pèsent ici de tout leur poids.

Une question de révision. Qu’adviendra-t-il des engagements des uns et des autres une fois que le rideau se sera fermé sur la scène du Bourget ? C’est l’objet de l’article 10 figurant à l’ébauche d’accord remis à Laurent Fabius le 5 décembre dernier, qui prévoit la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi.

Mais c’est aussi l’un des principaux points d’achoppement actuel des négociations. “Certains pays voudraient seulement procéder à un examen de la mise en œuvre des engagements pris à Paris tous les cinq ans, alors qu’il faudrait un système qui permette de revoir à la hausse les objectifs”, précise Céline Charveriat.

Elle estime ce réajustement périodique essentiel car les engagements actuels des pays devraient entraîner une hausse des températures mondiales de 2,7°C d’ici à 2100, très loin de l’objectif affiché des 2°C.

Un autre problème est de déterminer “qui sera chargé d’évaluer les efforts des États signataires, car il n’y a pas encore d’instance internationale dotée d’une telle compétence”, souligne Agathe Euzen.

Une question de financement. Si les bons comptes font les bons accords, celui qui se profile à Paris risque d’en décevoir plus d’un. “À l’heure actuelle, les pays dits riches doivent encore fournir des engagements concrets et convaincants pour financer le fonds vert, censé être abondé de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour soutenir les pays en voie de développement”, explique Céline Charveriat. Il serait temps : les États développés se sont engagés en 2009 à créer ce fonds.

Les nations dites riches ne réchignent pas seulement à mettre les 100 milliards de dollars sur la table. Elles ne veulent pas non plus que l’accord évoque quelle part de cet argent sera consacrée aux efforts de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et quelle part sera dédiée à l’adaptation des populations aux conséquences du réchauffement climatique.

Les pays en voie de développement exigent qu’au moins 50 % de cette somme soit officiellement consacrée à l’adaptation. C’est, en effet, dans ce fonds que ces pays pourront puiser pour construire des infrastructures plus résistantes à la multiplication des catastrophes naturelles et adapter leur économie à ces changements climatiques. Pour eux, l'adaptation est une urgence absolue. Mais pour les pays riches, la réduction de gaz à effet de serre est la priorité.
 

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