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COP21

COP21 : l'Afrique veut restaurer 100 millions d'hectares de forêts d'ici 2030

Forêt de Masisi en République démocratique du Congo, où les arbres servent à faire du charbon de bois.
Forêt de Masisi en République démocratique du Congo, où les arbres servent à faire du charbon de bois. Phil Moore, AFP archives
4 mn

Quelque 100 millions d'hectares de forêts et de terres agricoles remises en état d'ici à 2030. Tel est l'engagement pris en marge de la COP21 par une dizaine de pays d'Afrique subsaharienne pour lutter contre le réchauffement climatique.

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L’objectif est ambitieux. Une dizaine de pays d’Afrique subsaharienne se sont engagés à remettre en état, d'ici à 2030, l'équivalent de 100 millions d'hectares de forêts et de terres agricoles devenues improductives sur le continent. L’initiative, appelée AFR100, a été lancée dimanche 6 décembre à Paris, en marge de la conférence de l’ONU sur le climat (COP21).

Bien que la déforestation ait ralenti ces dernières années, la planète a perdu en 25 ans quelque 129 millions d'hectares de forêts, soit l'équivalent de la superficie de l'Afrique du Sud. Selon World Resources Institute, la déforestation des forêts tropicales a contribué à l’augmentattion de 15% des émissions de gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique.
 

"L'échelle de ces engagements pour restaurer des terres est sans précédent", a déclaré dans un communiqué Wanjira Mathai, présidente de Green Belt Movement, une organisation qui œuvre pour la reforestation en Afrique. Soutenu par l'Union africaine (UA), le programme entend lutter contre le dérèglement climatique en faisant des forêts et des terres agricoles des zones de captage et de stockage naturel de carbone. La Banque mondiale, le ministère allemand de la Coopération et d’autres partenaires ont promis de consacrer plus d’un milliard de dollars en fonds de développement. Les investissements du secteur privé s’élèvent, quant à eux, à 450 millions de dollars (496 millions d'euros).

"Nous savons que la remise en état des forêts et des terres marche pour l'Afrique, nous l'avons vu au Malawi, en Éthiopie et au Mali", a estimé Ibrahim Assane Mayaki, ancien Premier ministre du Niger, pays engagé dans l'initiative. À ce jour, outre les signataires de l'initiative AFR100, plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et du désert du Sahara se sont quant à eux engagés, sans objectifs chiffrés, à planter plus d’arbres pour freiner la désertification qui détruit des terres arables.

>> À lire aussi : "Le quotidien d'un délégué comorien pendant la COP21"

Au-delà du climat, la reforestation a d'autres bénéfices. "Ce n'est pas seulement une stratégie environnementale, c'est une stratégie de développement social et économique", a souligné Vincent Biruta, le ministre des Ressources naturelles du Rwanda, dans le communiqué présentant l'initiative. La remise en état des paysages forestiers augmente la productivité agricole et permet aux paysans de diversifier leurs sources de revenus."

Reste que certaines organisations environnementales redoutent de simples effets d'annonce. "Beaucoup de ces pays africains prennent ces engagements dans l’espoir qu’ils recevront du financement, a affirmé à AP Victorine Che Thoener, directrice de Greenpeace pour le bassin du Congo, considéré comme le deuxième poumon de la planète après la forêt amazonienne. Il y a beaucoup de discussions, mais peu d’action sur le terrain." Mais en cas de réussite, le programme AFR100, assure-t-elle, améliorerait la vie des gens vivant autour des forêts ainsi que l’écosystème tout entier.

* Éthiopie, Kenya, Liberia, Madagascar, Malawi, Niger, Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda et Togo.

Avec AFP
 

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