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"Sextape" de Valbuena : pour la FFF Benzema "n'est plus sélectionnable" avec les Bleus

Noël Le Graët, président de la Fédération française de football.
Noël Le Graët, président de la Fédération française de football. Jeff Pachoud, AFP

La FFF a tranché : Karim Benzema "n'est plus sélectionnable" avec les Bleus tant que sa situation judiciaire "n'évolue pas" dans l'affaire du chantage à la sextape exercé sur Mathieu Valbuena.

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Karim Benzema, le buteur des Bleus, mis en examen dans l'affaire du chantage à la sextape exercé sur son coéquipier Mathieu Valbuena, a été écarté de l'équipe de France ce jeudi par Noël Le Graët, la président de la Fédération française de football.

"Aujourd’hui, Benzema n’est plus sélectionnable" en équipe de France, "jusqu'à ce que la situation évolue, jusqu'à ce qu'il y ait du nouveau dans ce dossier", a tranché le patron du foot français lors d’une conférence de presse, affirmant que cette décision était "un crève-cœur", prise à l’égard d’un "mec bien". Il a également appelé de ses vœux une accélération du dossier et une confrontation entre les deux hommes, demandée par l'avocat de Karim Benzema ces derniers jours.

"Mathieu Valbuena, c'est la victime. Karim Benzema est un type bien, totalement irréprochable au Real Madrid, qui n'a pas une communication extraordinaire. Prendre des sanctions, ce n'est jamais ma tasse de thé, mais en tant que président de la fédération, je ne peux rester insensible aux écoutes téléphoniques qui sont parues dans les journaux dans cette affaire", a expliqué le président de la FFF.

Benzema "respecte la décision"

Sur son compte Twitter, Karim Benzema a réagi en quelques mots à cette annonce. "Je respecte la décision et ai confiance en notre président Noël Le Graët", a-t-il seulement déclaré. L’un de ses avocats a également estimé que cette décision ne portait pas un coup fatal à la carrière du joueur en équipe de France.

La réaction de Karim Benzema sur son compte twitter

"La décision du président de la FFF réserve et préserve l’avenir, il n’a pas saisi la commission de discipline, ce qui montre bien qu’il a pris la vraie mesure de cette affaire", a estimé Me Alain Jakubowicz tout en soulignant que cette suspension temporaire n’a "aucune conséquence" dans l’immédiat puisqu’aucun match n’est programmé avant mars.

Mardi soir l’attaquant français du Real Madrid, qui a inscrit un triplé lors de la démonstration contre Malmö (8-0) en Ligue des champions, a tenté de plaider sa cause devant micros et caméras, lançant à l'adresse de Noël Le Graët : "Il y a une justice, il faudrait voir la justice avant de faire quoi que ce soit". Auparavant, l’ancien Lyonnais avait pris la parole pour se défendre en dénonçant "un acharnement" le 2 décembre au 20 heures de TF1. Il s'était ensuite prévalu d'avoir le soutien de Didier Deschamps dans un entretien accordé à Téléfoot, dimanche. Mais il est acquis que le sélectionneur français se calera dans les pas de Noël Le Graët et de la FFF.

Pointé du doigt par Valbuena

Le 27 novembre, dans un entretien accordé au Monde, Mathieu Valbuena l'accuse de l'avoir "indirectement" incité à payer. Depuis ces déclarations, la FFF, qui se retranchait derrière la présomption d'innocence du joueur du Real Madrid, s'est constituée partie civile dans cette affaire.

Les instances ont eu accès au dossier et se sont donc forgé une opinion au gré des derniers développements, guère favorables à Benzema, à qui il est interdit d'entrer en contact avec Valbuena, en vertu du contrôle judiciaire qui lui a été imposé. Avec des faits reprochés passibles de cinq ans d'emprisonnement.

Fait aggravant qui a son importance aux yeux de la FFF, c'est dans le cadre d'un rassemblement au Centre national du football à Clairefontaine (Yvelines), le 5 octobre, que Benzema aurait tenté de convaincre Valbuena d'entrer en contact avec les maîtres chanteurs. Soit dans le "château" des Bleus.

D'autres voix au sommet du foot français s’étaient déjà élevées pour prôner la "fermeté" contre l’attaquant de 28 ans. Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel, écrit ainsi dans une tribune adressée au Figaro : "porter le maillot bleu n'est pas quelque chose d'ordinaire. L'exemplarité, si l'on veut reconquérir les cœurs, doit l'emporter même sur la performance".

Même Le Premier ministre Manuel Valls s’était mêlé de l’affaire en affirmant le 1er décembre qu'"un grand sportif doit être exemplaire", et que dans le cas contraire, "il n'a pas sa place en équipe de France".

Mis en examen pour "complicité de tentative de chantage" et "participation à une association de malfaiteurs", Karim Benzema, meilleur buteur en activité des Bleus (27 réalisations en 81 sélections), voit désormais ses chances de disputer l’Euro organisé en France quasiment réduites à néant. À moins d’un rebondissement judiciaire en sa faveur.

Avec AFP

 

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