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L'Agence internationale de l'énergie atomique clôt l'enquête sur le nucléaire iranien

Archives, AFP

L'Agence internationale de l'énergie atomique a annoncé mardi sa décision de clore l'enquête qui visait à vérifier que l'Iran ne cherchait pas à se doter de l'arme nucléaire. Certains experts s'inquiètent d'une telle décision.

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Le dossier sur le nucléaire iranien est clos pour l’AIEA. L'Agence internationale de l'énergie atomique a en effet décidé mardi 15 décembre de fermer son enquête visant à établir si l'Iran avait cherché par le passé à se doter de l'arme nucléaire. De fait, l’organisme apporte son soutien à l'accord conclu en juillet dernier entre la République islamique et les grandes puissances.

Son conseil des gouverneurs, réuni dans la capitale autrichienne, a approuvé par consensus une résolution qui met fin officiellement à l'enquête sur les éventuelles activités passées de l'Iran dans le domaine du nucléaire militaire. Le texte ajoute toutefois que l'AIEA continuera à surveiller les activités de l'Iran.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a salué la décision de l'AIEA. "Nous saluons la clôture de cette enquête sur les activités nucléaires passées de l'Iran [...] Cette résolution du conseil des gouverneurs de l'Agence [...] montre la nature pacifique du programme nucléaire iranien", a-t-il dit, selon l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Un nouveau chapitre"

De Moscou où il est en visite, le secrétaire d'État américain John Kerry s'est aussi félicité de la décision de l'AIEA. "Clore le dossier d'une possible dimension militaire (PMD) n'empêchera en rien l'AIEA d'enquêter s'il y a une raison de croire que l'Iran poursuit des activités nucléaires clandestines, comme il l'a fait dans le passé", a-t-il ajouté.

Au début du mois, un rapport confidentiel de l'Agence affirmait que l'Iran disposait avant 2003 de structures utilisables dans le cadre d'un programme nucléaire militaire. L'AIEA ajoutait cependant que ces activités n'"avaient pas été au-delà des études de faisabilité, des recherches scientifiques et de l'acquisition de certaines compétences et capacités techniques".

"Cette décision du conseil des gouverneurs [...] ouvre un nouveau chapitre de coopération entre l'Iran et l'Agence", a déclaré le représentant de l'Iran à l'AIEA, Reza Najafi. Il a ajouté que son pays aurait fini d'appliquer "d'ici deux à trois semaines" les restrictions à ses activités nucléaires prévues par l'accord de Vienne.

"Ce n’est pas quelque chose qui se fête"

Le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, a déclaré pour sa part que Téhéran semblait effectivement mettre en place ces restrictions "à grande vitesse". Il a noté que son organisation aurait besoin de plusieurs semaines pour vérifier que toutes les mesures requises, comme le démantèlement de centrifugeuses et la réduction du stock d'uranium enrichi, auront bien été appliqués.

Une fois que les inspecteurs auront procédé à ces vérifications, les sanctions contre Téhéran pourront être levées. Certains experts estiment toutefois que l'examen exhaustif des violations par l'Iran de ses obligations passées découlant du traité de non-prolifération a été sacrifié pour permettre l'adoption de l'accord de Vienne. "La coopération de l'Iran n'était certainement pas suffisante pour clore l'ensemble du dossier PMD", a jugé l'Institute for Science and International Security, basé à Washington.

Au siège de l'AIEA à Vienne, ces critiques ont été peu entendues et de nombreux diplomates ont plutôt ressenti la solennité du moment après plus de dix ans de contentieux. "Ce n'est pas quelque chose qui se fête, a confié un diplomate. Mais pour l'Iran, c'était indubitablement un grand jour. Je pouvais les voir dans leur salle, ils retenaient leur souffle."
 

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