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Crise des migrants : vers une nouvelle agence des frontières, aux pouvoirs élargis

Des migrants originaires de Somalie à Athènes, le 13 décembre 2015.
Des migrants originaires de Somalie à Athènes, le 13 décembre 2015. Angelos Tzortzinis, AFP

Selon des propositions présentées mardi, Bruxelles pourrait se doter d’une nouvelle agence de contrôle des frontières de l’espace Schengen face à la crise des migrants. Cet organisme disposerait d'une force de réaction rapide de 1 500 hommes.

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L'Union européenne va pratiquement tripler en l'espace de cinq ans le budget alloué à la surveillance de ses frontières, assurée par une nouvelle Agence européenne de gardes-côtes et des frontières, en vertu de propositions détaillées mardi 15 décembre à Bruxelles. Avec ces mesures, l'objectif est de renforcer les contrôles aux frontières face à la crise migratoire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale que l'Europe subit cette année.

Si la création de cette nouvelle agence est entérinée par les États membres de l'UE, celle-ci remplacera l'agence actuelle, Frontex, et disposera de prérogatives élargies, parmi lesquelles l'entretien d'une force de réaction rapidement mobilisable, composée de 1 500 hommes. Son budget annuel, fixé à 114 millions d'euros pour 2015, augmentera jusqu'à atteindre 322 millions d'euros à l'horizon 2020.

Le budget de Frontex a déjà été augmenté à trois reprises cette année, et s'élèvera à 143 millions d'euros pour 2015. Il passera à 238 millions d'euros pour 2016. Les effectifs actuels de Frontex, qui servent à coordonner les agences nationales des frontières, sont de l'ordre de 400 personnes.

Le nouvel organisme comporterait également un département chargé d'accélérer les expulsions des migrants qui ne remplissent pas les conditions pour obtenir l'asile. Les propositions présentées mardi pourraient être discutées lors du sommet des dirigeants européens de jeudi et vendredi à Bruxelles.

"Ce que nous créons aujourd'hui, c'est plus d'Europe"

Selon les propositions de la Commission européenne, cette force de réaction rapide pourra être déployée sans avoir besoin du feu vert de l'État dont le territoire est concerné. Toutefois, les responsables européens ont souligné que les États pourraient s'opposer à un tel déploiement si une majorité de pays de l'UE votaient contre.

>> À lire sur France 24 : "Le Danemark dit non à plus d'Europe"

"Nous ne nous substituons pas à la responsabilité des États et surtout pas à leur souveraineté", a déclaré le commissaire européen aux Migrations et Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, devant le Parlement européen.

"Ce que nous créons aujourd'hui, c'est plus d'Europe", a-t-il dit. "Pour gérer nos frontières extérieures, pour accroître les renvois de migrants en situation irrégulière, pour permettre à notre politique d'asile de fonctionner correctement et pour renforcer les contrôles sur nos frontières extérieures."

L'initiative vise particulièrement la Grèce, en première ligne sur la frontière sud-est de l'espace Schengen, où les pouvoirs publics peinent à gérer les arrivées massives de migrants et de réfugiés (au moins 700 000 depuis le début de l'année d'après Frontex).
Selon les dernières données de l'agence européenne de statistiques Eurostat, quelque 812 000 personnes ont demandé l'asile dans l'UE sur les trois premiers trimestres de l'année en cours. À ce rythme, le total de demandes d'asile atteindra le million d'ici la fin de l'année.

Avec Reuters

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