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ÉTATS-UNIS

Le Pentagone explique comment répondre aux "robots tueurs" avec 12 milliards de dollars

Robert Work, au centre, entouré par le patron des services secrets James Clapper (gauche) et le directeur du département de la cybersécurité Michael Rogers.
Robert Work, au centre, entouré par le patron des services secrets James Clapper (gauche) et le directeur du département de la cybersécurité Michael Rogers. AFP

Le vice-ministre américain de la Défense Robert Work a développé un long argumentaire, lundi, pour justifier les 12 à 15 milliards de dollars qu’il réclame pour développer des exosquelettes, des mini-drones et l’intelligence artificielle.

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Le Pentagone a dressé sa liste de cadeaux de Noël : il souhaiterait des mini-drones, des exosquelettes ou encore des armes intelligentes. Pour obtenir satisfaction, le vice-ministre du département américain de la Défense, Robert Work, a annoncé, lundi 14 décembre, qu’il comptait demander une enveloppe de 12 à 15 milliards de dollars à l’occasion du budget 2017 pour rester à la pointe de la guerre technologique.

"Nous savons que la Chine investit beaucoup d’argent dans la robotique et que la Russie se prépare à se battre sur un terrain entièrement robotisé", a précisé Robert Work pour justifier sa demande de financement. Le responsable américain sous-entend que les États-Unis doivent être prêts à affronter des bataillons de robots tueurs.

Les fonds supplémentaires demandés par le Pentagone ne serviraient pas à mettre en place des Terminator "made in USA", assure Robert Work. "Ces technologies sont conçues pour rendre l’humain plus efficace en situation de combat", a-t-il expliqué.

Le vice-ministre américain de la Défense a une idée très précise de la manière avec laquelle il dépenserait ces milliards de dollars. Présentation des deux technologies sur lesquels le Pentagone veut miser.

Le soldat et les véhicules augmentés. Il y a d’abord les exosquelettes. L’armée américaine travaille depuis plusieurs années sur ce type de matériel qui rapprocherait le soldat d’Iron Man. Le programme Talos (Tactical Assault Light Operator Suit), en projet depuis au moins trois ans, vise à mieux protéger les combattants grâce à une tenue à la fois légère et pare-balle, notamment. Il pourrait aussi s’agir de casques qui permettraient d’améliorer la concentration et réduire l’impression de fatigue grâce à des connexions neurologiques, assure le site spécialisé Defense One.

Le Pentagone travaille aussi sur les mini-drones. L’armée américaine a même un programme, baptisé Gremlins, qui vise à développer des escadrons de petits avions autonomes pour des missions de reconnaissance. Ces drones seraient moins chers et plus faciles à déployer depuis des porte-avions que les modèles actuels, beaucoup plus imposants.

Oncle Sam 2.0 s’intéresse aussi à l’aspect naval. Le programme Swarm robot se penche sur l’utilisation de petits bateaux de combat autonomes. Il suffirait d’un seul pilote pour en commander une dizaine en même temps.

L’intelligence artificielle (IA). Le département américain de la Défense veut investir pour améliorer les dispositifs de défense semi-autonomes. Il peut s’agir aussi bien de systèmes anti-missiles que de programmes pour lutter contre le piratage informatique.
L’armée parie qu’en investissant dans l’intelligence artificielle, il sera possible à des ordinateurs de réagir plus vite que les humains en situation d’attaque militaire. Robert Work a cité en exemple le Dôme de fer, ce mécanisme de défense utilisé par Israël pour intercepter les missiles et roquettes.

Les ordinateurs du Pentagone, dopés au "Big data" (grande quantité d’informations), pourraient également analyser les données qui lui sont fournies pour isoler les événements susceptibles de déclencher des conflits ou créer des désordres sociaux.

Enfin, l’IA militaire pourrait également aider les soldats à prendre des décisions. L’armée américaine travaille ainsi sur des casques pour pilotes d’un genre particulier. Les données collectées au sol (déplacements des cibles, présence de civils, événements particuliers) seraient analysées par l’ordinateur intégré au casque qui mettrait à jour en temps réel les ordres de missions des pilotes. Ce serait, en quelque sorte, le drone inversé puisque l’ordinateur indiquerait à l’homme quel est le bon moment et le bon endroit pour frapper.

Tous ces exemples soulignent, d’après Robert Work, la philosophie militaire de l’armée américaine : la technologie ne vient qu’en soutien de l’homme qui conserve, in fine, le doigt sur la gâchette. Le responsable qui devra détailler son projet de financement devant les parlementaires avant le 31 décembre, espère obtenir le feu vert du Congrès.

Le Pentagone veut aussi rassurer ceux qui jugent que les avancées technologiques rapprochent l’Homme d’une ère où les machines tueuses domineraient le champ de bataille. Près de 1 000 scientifiques et entrepreneurs avaient publiés, en juillet 2015, une lettre ouverte mettant en garde contre l’avènement des "robots tueurs".

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