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RWANDA

Référendum au Rwanda : la réforme constitutionnelle largement approuvée

Grâce à la réforme constitutionnelle, le président rwandais, Paul Kagame, peut rester au pouvoir jusqu'en 2034.
Grâce à la réforme constitutionnelle, le président rwandais, Paul Kagame, peut rester au pouvoir jusqu'en 2034. AFP
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Les Rwandais ont massivement soutenu vendredi la réforme constitutionnelle, autorisant le président Paul Kagame à potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034. D'après des résultats partiels, ils ont voté "oui" à 98,9 %.

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Les électeurs rwandais ont massivement soutenu vendredi 18 décembre la réforme constitutionnelle autorisant la prorogation des mandats du président Paul Kagame à l'occasion d'un référendum controversé. Cette réforme taillée sur mesure pour l'actuel chef de l'État permettrait théoriquement au président Kagame, 58 ans, de se maintenir au pouvoir au Rwanda jusqu'en 2034.

"La tendance laisse entrevoir une victoire du 'oui' avec 98,9 % et un 'non' situé autour de 1,9 %. Mais ces résultats partiels portent sur 21 districts, qui représentent 70 % des 30 districts où le scrutin a été organisé", a déclaré à la télévision Kalisa Mbanda qui préside la commission électorale. Les résultats définitifs seront communiqués samedi à 11 h (9 h GMT), a déclaré le secrétaire exécutif de la commission, Charles Munyaneza.

La réforme soumise au vote prévoit que Paul Kagame pourra briguer à nouveau la présidence après la fin de son mandat de sept ans en 2017. Le texte lui permettrait en théorie de demeurer à la tête de l'État jusqu'en 2034. Il autoriserait le président sortant à briguer un nouveau mandat de sept ans en 2017, puis deux mandats de cinq ans par la suite.

L'ancien chef de la rébellion tutsie contrôle le Rwanda depuis que ses troupes du FPR (Front patriotique rwandais) ont marché sur Kigali pour mettre fin au génocide du printemps 1994. Il a été élu président en 2003, puis réélu triomphalement en 2010.

Un référendum critiqué par les États-Unis

Les États-Unis ont salué à maintes reprises l'action menée par Paul Kagame pour rebâtir le pays depuis le génocide, mais ils ont estimé récemment que le leader rwandais devait céder la place en 2017 à une nouvelle génération de dirigeants.

Le projet de réforme n'a toutefois pas suscité de protestations au Rwanda, contrairement à d'autres pays africains, comme le Burundi ou la République du Congo où les présidents ont modifié la Constitution pour prolonger leurs mandats.

Paul Kagame, qui est issu de la minorité tutsie, décimée pendant le génocide par la majorité hutue, exhorte les Rwandais à s'identifier à une nation plutôt qu'à leur appartenance ethnique. En dépit de ses succès sur les fronts économiques ou sociaux, son gouvernement est accusé de réprimer l'opposition politique et les médias, ce qu'il nie.

"Difficile de savoir ce que les Rwandais pensent vraiment"

Au Rwanda, la révision constitutionnelle en faveur de Paul Kagamé a été soutenue par la quasi-totalité des partis politiques autorisés, à l'exception du seul petit Parti démocratique vert, qui a toutefois renoncé à faire campagne pour le "Non", estimant trop court le délai de dix jours entre l'annonce du référendum et le vote. Seule véritable formation d'opposition, le Parti démocratique vert avait toutefois déposé un recours contre l'organisation du référendum qui a été rejeté.

"Kagame jouit à l'évidence d'un soutien public considérable dans le pays, mais il est difficile de savoir ce que les Rwandais pensent vraiment", écrit Carina Tertsakian de Human Rights Watch. En effet, le pouvoir rwandais est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits de l’Homme pour des manquements à la liberté d’expression et le musèlement de sa presse. Le visage masqué, un électeur avait osé répondre à l’envoyé spécial de France 24 à la veille du scrutin : "Je vais voter contre, avait-t-il affirmé. Je ne peux pas me prononcer contre cette réforme, alors qu’on pourrait reconnaître mon visage. Ça pourrait causer des problèmes pour ma sécurité."

Le gouvernement fait valoir quant à lui que cette réforme constitutionnelle a été demandée par le peuple, une pétition réunissant 3,7 millions de signatures, sur une population totale de 11 millions d'habitants, ayant été adressée au parlement.

Avec Reuters et AFP

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