Accéder au contenu principal
DANEMARK

Le Danemark envisage de confisquer les objets de valeurs des migrants pour financer leur accueil

Un groupe de migrants sur un pont entre la Suède et le Danemark, près de Malmö, le 12 novembre 2015.
Un groupe de migrants sur un pont entre la Suède et le Danemark, près de Malmö, le 12 novembre 2015. Carsten Rehder, AFP
|
Vidéo par : FRANCE 3
4 mn

Le gouvernement danois a présenté vendredi un projet de loi visant à confisquer les objets de valeurs des migrants entrant sur leur territoire afin de financer leur accueil. Les détracteurs de la mesure dénoncent des dérives "autoritaires".

Publicité

La mesure est pour le moins polémique. Le gouvernement danois a défendu vendredi 20 décembre un projet qui consiste notamment à confisquer bijoux et autres effets de valeur aux migrants pour financer leur accueil. Le projet de loi présenté une première fois en novembre, qui doit être débattu au Parlement en janvier, prévoit d'autoriser la fouille des bagages des migrants et de saisir tout objet de valeur ou argent liquide au-delà de 3 000 couronnes danoises, l’équivalent de 400 euros environ.

Les montres, les bijoux auxquels leurs propriétaires manifestent un attachement particulier comme les alliances, mais aussi les téléphones portables, ne sont pas concernés par cette mesure qui s'inscrit dans le cadre d'un resserrement plus large des conditions d'accueil des migrants dans le royaume scandinave.

"La mesure rappelle la spoliation des juifs"

Une idée qualifiée par ses opposants de dérive "autoritaire" rappelant la spoliation des juifs. L'ancien grand rabbin du Danemark, Bent Melchior, a fait savoir pour sa part que la proposition gouvernementale "ressemblait à ce qui se passait pendant la persécution des minorités par les nazis", a-t-il déclaré à l'agence Ritzau.

Une pétition en ligne "Non à la confiscation des biens des migrants" avait recueilli vendredi plus de 6 000 signatures. "Fuir des régimes brutaux et totalitaires témoigne de l'aspiration des hommes à vivre dans une société plus accueillante. Refusons que les demandeurs d'asile soient accueillis dans ce même esprit totalitaire", s'indignent ses auteurs.

Ces critiques ne sont pas justifiées", s’est défendu Stojberg, du parti de droite Venstre qui prône une immigration a minima, tandis que le Premier ministre Lars Lokke Rasmussen a regretté "un portrait erroné du Danemark".

Même défense pour la ministre danoise de l'Intégration, Inger Stojberg. "Certains médias étrangers réprouvent le fait que nous puissions à l'avenir saisir les effets de valeur des demandeurs d'asile et exiger qu'ils prennent en charge le coût de leur séjour dans des centres pour réfugiés", a-t-elle écrit sur compte Facebook. Une remarque qui fait directement référence sans le nommer au "Washington Post" qui a tancé Copenhague en estimant que le projet de loi avait une "connotation particulièrement douloureuse en Europe" où les nazis ont spolié les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

"Un contexte exceptionnel"

À en croire le responsable des questions d'intégration pour le parti Konservative, Naser Khader, ce sont les mieux lotis qui prennent le chemin de l'exil, les plus pauvres n'ayant, eux, guère les moyens de payer les passeurs. "Il est inacceptable que les contribuables danois payent pour des demandeurs d'asile dotés d'un patrimoine", plaide-t-il. Le président du Parti populaire danois, formation populiste qui assure une majorité parlementaire à la droite, juge lui aussi "normal que les gens qui viennent ici payent eux-mêmes leurs dépenses s'ils en ont les moyens".

Jacob Mark, du Parti populaire socialiste, s'élève au contraire contre une disposition qui fera "des policiers de vulgaires marchands". Critiqué sur sa gauche, le parti social-démocrate invoque de son côté "une mesure exceptionnelle dans un contexte exceptionnel".

Le Danemark a vu arriver plus de 13 000 demandeurs d'asile entre le 1er janvier et le 30 octobre, dont plus du quart au cours du seul mois d'octobre. Dix fois moins que la Suède voisine qui en attend jusqu'à 190 000 sur l'année.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.