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Afrique

Burundi : naissance officielle d'une rébellion au président Nkurunziza

© Marco Longari, AFP | Le Burundi est plongé dans une profonde crise depuis la candidature fin avril du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Vidéo par Cyril VANIER

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/12/2015

Les opposants à Pierre Nkurunziza ont annoncé, mercredi, la création des "Forces républicaines du Burundi", une rébellion qui se donne pour objectif de "chasser par la force" le président du pouvoir.

Jusqu’où s’enfoncera le Burundi dans la crise ? La naissance officielle d'une rébellion a été annoncée, mercredi 23 décembre, avec l'objectif de "chasser par la force Pierre Nkurunziza du pouvoir pour restaurer l'Accord d'Arusha et la démocratie". Appelée les "Forces républicaines du Burundi" (Forebu), cette force a été proclamée par un ancien officier supérieur de l'armée burundaise, le lieutenant-colonel Édouard Nshimirimana.

Un embryon de rébellion, qui reproche au président Nkurunziza de s’être présenté pour un troisième mandat, harcelait depuis plusieurs mois les forces de l'ordre à Bujumbura et en province. Mais sa création n'avait jamais été officialisée et elle n'avait pas de nom.

"C’est l’engrenage de la guerre civile qui est en train de prendre de l’ampleur et chaque pas supplémentaire nous en rapproche, explique Cyril Vanier, journaliste à France 24. Les choses ont pris un tournant beaucoup plus meurtrier après l’attaque du 11 décembre contre trois camps militaires dans la capitale burundaise puisque les représailles des forces armées avaient été terribles : au moins 87 personnes tuées dans les quartiers contestataires, la plupart d’entre eux étant des civils. La mécanique de la guerre civile est lancée."

Des discussions avec l’opposition prévues fin décembre

Mais alors qu'était créée cette rébellion, le gouvernement burundais a montré ces jours-ci les premiers signes d'un fléchissement devant la pression de la communauté internationale, en acceptant de renouer le dialogue avec l'opposition.

Un premier round de discussions n'avait rien donné, la partie gouvernementale ayant décidé de se retirer, deux jours avant la présidentielle contestée de juillet, qui avait débouché sur la réélection de Pierre Nkurunziza.

Ce dialogue reprendra finalement à Kampala le 28 décembre sous l'égide du président ougandais Yoweri Museveni, médiateur désigné par la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC), a confirmé à l'AFP Crispus Kiyonga, ministre ougandais de la Défense.

Il aura lieu dans le palais présidentiel à Entebbe, près de Kampala. "Il y a 14 groupes, dont le parti au pouvoir, les partis d'opposition et la société civile qui seront là", a déclaré Crispus Kiyonga, sans pouvoir dire si Pierre Nkurunziza sera présent.

>> À lire sur France 24 : "Craintes de guerre civile au Burundi : 'Le conflit n'est pas ethnique mais politique'"

Le gouvernement avait toujours refusé jusqu'ici de discuter avec le Cnared, l’alliance regroupant les partis politiques et les membres de la société civile opposés au président Nkurunziza, et accusait ses membres d'être impliqués dans la tentative de coup d'État des 13 et 14 mai et d'être lié aux groupes armés. Or ceux-ci ont indiqué mercredi dans un communiqué avoir "été invité" aux discussions, signe d’une légère évolution.

"Le gouvernement est disposé à participer au dialogue de Kampala. Mais s'il trouve qu'il y a des personnes qui ne sont pas des acteurs pacifiques [...], l'ordre du jour risque de changer", a déclaré à l'AFP un haut responsable burundais, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Nkurunziza opposé à la présence au Burundi d'une mission de paix

Pierre Nkurunziza est soumis à la pression croissante des chefs d'État est-africains, missionnés par l'Union africaine (UA) pour le convaincre de participer aux négociations et de revenir sur son refus d'une mission de paix africaine au Burundi, a indiqué à l'AFP une source au sein de l'UA.

Celle-ci a annoncé en fin de semaine passée le déploiement d'une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), forte de 5 000 hommes et pour une durée de six mois renouvelable.

Mais le gouvernement burundais en a rapidement rejeté le principe et a prévenu que si l'UA devait mener à bien ce déploiement sans son aval, cette mission serait alors considérée comme une "force d'invasion et d'occupation".

Avec AFP

Première publication : 23/12/2015

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