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Syrie : à Sadad, les chrétiens menacés par l'EI s'apprêtent à passer Noël dans la peur

Une femme  assiste à une messe le 18 décembre 2015 dans la ville syrienne de Sadad, menacée par l'EI.
Une femme assiste à une messe le 18 décembre 2015 dans la ville syrienne de Sadad, menacée par l'EI. Youssef Karwashan, AFP

Les habitants de Sadad, dans le centre de la Syrie, s’apprêtent à passer un nouveau Noël dans l’angoisse. Toujours sous contrôle de l’armée, ce village chrétien est menacé par les jihadistes de l'EI qui ne sont qu'à une quinzaine de kilomètres.

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Une armature de fer et une couverture verte en guise de sapin. Ammar al-Hay, un chef scout, improvise un arbre de Noël pour les enfants de Sadad. Dans ce village chrétien du centre de la Syrie, les habitants veulent célébrer cette fête malgré la peur. La bourgade, située à 60 km de Homs, est aujourd'hui sous le contrôle de l'armée. Mais les jihadistes de l'organisation État islamique (EI) ne sont qu'à 15 km.

"Nous craignons que le scénario de l'invasion de notre village par le Front al-Nosra [la branche armée syrienne d'Al-Qaïda, NDLR] en 2013 ne se répète, mais avec Daech cette fois", confie le maire Sleiman Khalil.

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En octobre 2013, Sadad a changé plusieurs fois de mains entre rebelles et forces du régime, qui l'ont finalement emporté. Une centaine de civils avaient été tués durant les combats et certains murs portent encore les impacts de balles.

Ville désertée

Avant le début du conflit en 2011, 12 000 personnes vivaient à Sadad, en majorité des syriaques orthodoxes et catholiques. La ville est aujourd'hui quasiment vide : la population a fui face à l’avancée des jihadistes qui ont repris, il y a quelques jours, la localité voisine de Mahin. "Les décorations de Noël et la joie des fêtes ont disparu cette année, avec le départ de plus de la moitié des habitants par peur de l'arrivée de Daech", témoigne le prêtre Mtanios Melhem Sattouf.

La localité compte neuf églises, certaines très anciennes. Seules trois sont encore ouvertes, dont l'église Théodore, où des femmes assistent à une messe en syriaque. "Comment pourrais-je partir alors que mon fils est au front pour me défendre et défendre le village ?", interroge Chams Abboud, une femme au foyer de 62 ans.

Sur la façade de l'église est accrochée une énorme pancarte avec les clichés d'une soixantaine "de martyrs de Sadad", dont des femmes âgées. Le drapeau syrien apparaît en arrière-plan des photos.

Le Hezbollah, "cadeau de Noël"

Les écoles de Sadad ont fermé leurs portes pour loger les combattants envoyés en renfort depuis la zone du champ gazier Chaar contrôlée par le régime, dans la province de Homs. Plus de 700 membres du mouvement chiite libanais Hezbollah, qui se bat pour le régime de Bachar al-Assad, ont également débarqué.

"Les combattants du Hezbollah sont les cadeaux du père Noël pour le village. Quand Daech s'est approché, la fête s'est éloignée. Quand le Hezbollah est arrivé, la fête est revenue", assure en souriant Kifah Abboud, un professeur de français de 48 ans.

Ce sont les "garants de la paix et de la sécurité" pour les habitants, renchérit le maire. Il considère Sadad comme "le symbole de ce qui reste des chrétiens d'Orient", des hommes, des femmes et des enfants qui fêtent, depuis déjà plus de quatre ans, Noël dans la guerre et dans la peur. 

Avec AFP

 

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