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SYRIE

Syrie : la mort d'un commandant rebelle interrompt l'évacuation de l'est de Damas

Le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, d'où certaines des 4 000 personnes concernées par l'accord devaient être évacuées samedi 26 décembre 2015.
Le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, d'où certaines des 4 000 personnes concernées par l'accord devaient être évacuées samedi 26 décembre 2015. Youssef Karwashan, AFP
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La mort du commandant rebelle syrien Zahrane Allouche, dont le groupe Jaïch al-Islam devait permettre l'évacuation samedi de 4 000 personnes de la banlieue est de Damas, a entraîné la suspension des opérations.

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L’évacuation de plusieurs milliers de civils et de jihadistes appartenant notamment à l'organisation terroriste de l'État islamique (EI) des quartiers du sud de Damas a été suspendue, samedi 26 décembre, au lendemain de la mort d'un chef rebelle dans un raid de l'armée syrienne, selon plusieurs sources.

"L'évacuation des combattants de Daech [nom arabe de l'EI, NDLR] et d'autres groupes du quartier de Hajar al-Aswad a été suspendue (...) en raison de la mort de Zahrane Allouche", a indiqué une source proche du dossier.

Zahrane Allouche, 44 ans, était à la tête de la puissante milice islamiste Jaïch al-Islam, mouvement d'inspiration salafiste, hostile à l'EI et très anti-alaouite, la confession du président syrien Bachar al-Assad. Ce groupe rebelle, le plus important de la région de Damas, "devait sécuriser le passage (du convoi d’évacuation) dans les régions à l'est", explique la même source. Près de "1 200 personnes devaient partir samedi, mais la mort de Zahrane Allouche nous ramène à la case départ", conclut-elle.

Une autre source proche des négociations ainsi que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) ont confirmé la suspension de cet accord entre régime et groupes combattants, précisant cependant qu'il n'était pas annulé. L'évacuation devait concerner plus de 4 000 personnes, de jihadistes de l'EI et du Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda), ainsi que des civils du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et des quartiers voisins de Qadam et de Hajar al-Aswad.

Un coup pour les négociations autant que pour la rébellion

L’attaque visant Zahrane Allouche, qui a également tué plusieurs dizaines de dirigeants de Jaïch al-Islam et d’Ahrar al-Cham, un autre important groupe rebelle, porte un coup à la rébellion syrienne au moment où les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition militaire arabo-kurde, a annoncé samedi avoir repris le contrôle du barrage stratégique de Tichrine, sur l’Euphrate, dans le nord de la Syrie.

L’installation, qui fournit de l’électricité à de vastes régions de la province d’Alep et n’est distante de Raqqa, bastion de l’EI en Syrie, que de 22 km, avait été arrachée par Daech en 2014 à plusieurs groupes rebelles, dont Ahrar al-Cham.

Des pourparlers entre différents groupes rebelles et le régime syrien doivent se tenir à Genève début 2016 sous l’égide de l’ONU. Le médiateur des Nations unies, Staffan de Mistura a annoncé samedi dans un communiqué que ces négociations pourraient avoir lieu dès le 25 janvier.

Mais pour l'expert Aron Lund, cité par l'AFP, la mort de Zahrane Allouche "pourrait affecter le processus de paix. (…) Les négociations avaient besoin de l'implication d'extrémistes comme Zahrane Allouche pour leur donner de la crédibilité."

Avec AFP

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