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FRANCE

Le projet du grand barrage de Sivens définitivement abandonné

Des militants écologistes devant le mémorial dressé en mémoire de Rémi Fraisse, tué par les gendarmes en octobre 2014 sur le site de Sivens.
Des militants écologistes devant le mémorial dressé en mémoire de Rémi Fraisse, tué par les gendarmes en octobre 2014 sur le site de Sivens. Remy Gabalda, AFP
3 mn

Après deux ans de controverses et la mort du militant écologiste Rémi Fraisse, le projet de barrage à Sivens (Tarn), a été officiellement abandonné par l’État. Il devrait être remplacé par un "Sivens light" qui semble ne satisfaire aucun camp.

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Ce n’était pas une surprise mais l’État l’a officialisé à la veille de Noël : le 24 décembre, donc, le préfet du Tarn et son collègue du Tarn-et-Garonne ont signé l’arrêté d’abrogation du projet de barrage à Sivens. "C'est un joli cadeau de Noël pour les Tarnais", a réagi le président socialiste du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, auprès de l’AFP – bien que l’arrêté soit toujours susceptible de recours devant le tribunal administratif de Toulouse.

Après deux années de controverses et des manifestations marquées par la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014, le projet initial de grand barrage à Sivens a donc été définitivement enterré. Le sénateur (divers droite) du Tarn, François Bonhomme, a dénoncé de son côté une signature en "catimini" et un "gâchis".

>> À lire sur France 24 : "Reportage : en immersion chez les zadistes de Sivens"

L’État a accepté de donner au département du Tarn 3,4 millions d’euros en compensation, 2,1 millions pour les dépenses en pure perte et 1,3 million pour réhabiliter la zone humide.

"Sivens light"

Aujourd’hui, un autre projet succède à Sivens : le "Sivens light". Ce nouveau plan, adopté le 11 décembre par le Conseil départemental du Tarn, prévoit de mettre en place un réservoir réduit de 750 000 m3. Soit moitié moins que les 1,5 million de mètres cubes initialement prévus. Le tout serait placé à 330 mètres en amont du projet initial.

Pour Xavier Beulin, président de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), il s'agit d'un "recalibrage du projet" initial.

Mais cette version est déjà contestée. Par les zadistes tout d’abord (militants écologistes opposés au barrage qui s’étaient installés sur la "zone à défendre", ZAD), qui l’estiment toujours aussi peu pertinent. Selon eux, les besoins en eau peuvent être satisfaits en puisant dans les retenues collinaires déjà existantes. José Bové, député européen écologiste, dénonce encore une fois un barrage qui entraînerait une "raréfaction de l’eau". Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui regroupe des opposants, trouve "le nouveau projet est tout aussi aberrant que l'ancien".

Les pro-barrages ne veulent pas non plus entendre parler de ce nouveau barrage. Son réservoir de 750 000 m3 est insuffisant, selon eux, pour subvenir aux besoins en eau des agriculteurs.

Avec AFP et Reuters
 

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