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En finir avec le cyber-harcèlement : les internautes se mobilisent

La vidéo d'un viol filmé par les agresseurs et diffusé sur Snapchat a circulé sur les réseaux sociaux dimanche 3 janvier..
La vidéo d'un viol filmé par les agresseurs et diffusé sur Snapchat a circulé sur les réseaux sociaux dimanche 3 janvier.. Capture d'écran YouTube

La vidéo du viol d’une jeune fille dans un hôtel à Perpignan, qui circule depuis dimanche soir sur la Toile, a bouleversé les internautes. Certains dénoncent le laxisme des réseaux sociaux dans la lutte contre le cyber-harcèlement.

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Postée via Snapchat par les agresseurs dans la soirée du dimanche 3 janvier, la vidéo d’une jeune femme humiliée et violée a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Le collectif Feminism VS Cyber Bully interpellait au même moment Twitter sur la question de la modération et de la lutte contre le "slut shaming", le "lynchage de salopes". Un type de stigmatisation qui repose sur l’humiliation des femmes, sur la base de leurs comportements jugés provocants par le harceleur.

Johanna est l’une des membres du collectif et initiatrice du hashtag #Twitteragainstwomen. "La vidéo du viol qui circulait a mis en lumière la pertinence de notre action : dénoncer la passivité de Twitter dans la lutte contre le cyber-harcèlement", explique-t-elle.

Depuis décembre, avec un groupe de 30 jeunes femmes, cette activiste interpelle l’administration de Twitter sur des affaires de cyber-harcèlement. Un nombre croissant d’adolescentes souvent très jeunes et isolées font en effet l’objet de moqueries et d’insultes sur les réseaux sociaux.

Pour une modération plus importante

Le hasthag #Twitteragainstwomen a été vu plus de 280 000 fois dimanche 3 et lundi 4 janvier. La vidéo du viol, elle, est restée en ligne plusieurs heures. Des internautes se sont emparés de l’affaire pour interpeller l’administration de Twitter et exiger une modération plus importante des contenus sexuellement explicites et dégradants.

"Pourquoi des comptes spoilant le dernier Star Wars peuvent être suspendus en moins de 24 heures, alors que Twitter rechigne à suspendre des comptes incitant à la haine et la violence verbale, physique et sexuelle envers les femmes ?", interrogent les activistes du collectif dans leur communiqué disponible en ligne.

Choc et indignation

"Même si ça touche tout le monde, on le voit avec la vidéo où la jeune femme est qualifiée de beurette, les afro descendantes et les maghrébines sont les cibles principales du slut shaming", affirme Johanna. "On leur nie un droit à la sexualité, on détruit des vies et des familles entières", ajoute-elle.

Choqués, les internautes ont fait part de leur indignation, et n’ont pas hésité à signaler les comptes Facebook relayant la vidéo, ou à interpeller directement la Police nationale. À l’instar de Fatima el-Ouasdi, fondatrice de l’association féministe Politqu’elles, qui dénonce une vidéo et un montage sordide.

"Le slut shaming est de plus en plus évident aujourd’hui et les gens y semblent moins sensibles. Il a persisté des commentaires venant de femmes comme d’hommes mettant le blâme sur la victime", souligne-t-elle.

Les agresseurs interpellés

"À chaque fois, la police rejette la faute sur Twitter et Twitter se décharge sur la police" déplore Johanna qui n’avait pas reçu lundi matin de réponses de Twitter France, malgré les nombreux signalements réalisés.

>> À lire sur France 24 : "Twitter est "nul" pour éviter le harcèlement, avoue son PDG"

Si l’effet de groupe encourage la déresponsabilisation de la parole, il permet aussi la médiatisation rapide de ces affaires. La mobilisation des internautes  s’est ainsi soldée par l’ouverture d’une enquête à Perpignan et l'interpellation de deux jeunes hommes, qui ont été mis en examen et écroués mardi à Perpignan pour "viol en réunion" et diffusion des images sur les réseaux sociaux.

La jeune fille, retrouvée au domicile de l’un d’eux en état de choc, a été hospitalisée, rapportait lundi matin "Le Midi-Libre".

 

 

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