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Turquie : arrestations en série d'intellectuels après un appel au dialogue avec le PKK

Les portraits de victimes tuées dans le sud-est de la Turquie, où vivent de nombreux Kurdes, le 12 janvier 2016 à Simak.
Les portraits de victimes tuées dans le sud-est de la Turquie, où vivent de nombreux Kurdes, le 12 janvier 2016 à Simak. AFP

Le gouvernement turc a entamé, vendredi, la chasse aux signataires d'une pétition réclamant la fin des opérations controversées de l'armée contre la rébellion kurde. Recep Tayyip Erdogan a accusé les souscripteurs d'être complices des terroristes.

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Les autorités turques ont procédé, vendredi 15 janvier, aux arrestations d'une vingtaine d'universitaires ayant signé une déclaration critiquant les opérations militaires dans le sud-est de la Turquie, à majorité kurde, et appelant à la levée du couvre-feu dans cette région.

Le texte, rendu public le 11 janvier, a été signé par un millier de personnalités, dont le philosophe américain Noam Chomsky, ainsi qu’une soixantaine d’universitaires français, dont Pierre Zaoui, Éric Fassin et Aude Signoles. Sept autres signataires sont recherchés pour ce que le gouvernement turc considère comme de la propagande terroriste.

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"Le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité et en particulier l'interdiction de la torture et des mauvais traitements garanti par la Constitution et par les conventions internationales a été violé", affirme la déclaration. "Nous demandons que l'État cesse son massacre délibéré".

Suite à cet appel, des enquêtes judiciaires ont été ouvertes jeudi pour "propagande terroriste", "insulte aux institutions et à la République turque" et "incitation à violer la loi".  Le président Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre Ahmet Davutoglu ont, de leur côté, sévèrement dénoncé cette pétition, parlant de soutien au terrorisme.

Une dizaine d'universités ont parallèlement engagé des poursuites disciplinaires contre plus de soixante autres professeurs ou chercheurs.

Des universitaires victimes de menaces et d’agression

Le journal Radikal, orienté à gauche, a publié vendredi des photos montrant des croix rouges peintes sur la porte des bureaux de deux universitaires signataires à Ankara, accompagnées de menaces écrites.

Le parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition, a qualifié les mises en détention "de totalement illégales, d'inacceptables et d'extrêmement dangereuses".

"Nous continuerons à soutenir tous les citoyens qui exercent leur liberté de parole sans appeler à la violence", affirme le CHP dans un communiqué.

Ankara a déclaré en juillet une "guerre synchronisée" aux jihadistes syriens de l'organisation de l'État islamique et aux séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le cessez-le-feu qui était en vigueur depuis 2012 avec le PKK a volé en éclats et de nombreux affrontements se sont produits depuis dans le sud-est.

Un attentat imputé aux séparatistes a encore fait six morts dans la nuit de mercredi à jeudi à Cinar, au sud de Diyarbakir, le chef lieu de la région.

Avec AFP et Reuters

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