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L’Union africaine renonce à déployer des forces de maintien de la paix au Burundi

L'Union africaine se réunit à Addis-Abeba, en Éthiopie, et a abordé la situation au Burundi, sous l'oeil de Ban Ki-moon.
L'Union africaine se réunit à Addis-Abeba, en Éthiopie, et a abordé la situation au Burundi, sous l'oeil de Ban Ki-moon. Tony Karumba, AFP

L'Union africaine a renoncé dimanche à envoyer dans l'immédiat une force de maintien de la paix au Burundi, en proie à une crise politique meurtrière, face à la réticence de plusieurs chefs d'État africains et à l'opposition frontale de Bujumbura.

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L’Union africaine n’ira pas contre la volonté de Bujumbura. Les chefs d'État africains ont choisi de privilégier la discussion avec les autorités burundaises et de surseoir à l'envoi d'une "mission de stabilisation" de 5 000 hommes dont le principe avait pourtant été acté mi-décembre par l'Union Africaine (UA).

"Nous allons dépêcher une délégation de très haut niveau pour discuter avec le gouvernement. On ne peut pas déployer une armée sans le consentement d’un pays, sauf s’il y a une situation très grave de violation des droits de l’homme ou de risques de génocide" a expliqué Smaïl Chergui, commissaire de l'UA à la Paix et la Sécurité, au micro de Jean-Karim Fall, envoyé spécial de France 24 en Éthiopie pour le sommet de l'UA.

La brigade aurait notamment pour objectif "le désarmement des milices, la protection des civils en coopération avec les forces de police locales, et la facilitation du travail des observateurs des droits de l'Homme", a plaidé Smaïl Chergui.

"On peut parler d’échec pour l’Union africaine, et dans le même temps, d’une victoire pour Pierre Nkurunziza, le président burundais. Il a été entendu au-delà se ses espérances par une douzaine de chefs d’Éttats africains" commente Jean-Karim Fall.

'Pas de volonté d'agresser'

Les chefs d'État, soucieux pour certains de ne pas créer un précédent, à savoir l'envoi d'une force militaire dans un pays sans son aval, ont donc convenu de dépêcher une "délégation de très haut niveau" pour en discuter avec le gouvernement burundais.

Pour autant, le ministre des Affaires étrangères du Burundi, Alain Aimé Nyamitwe, qui s'est dit satisfait de la décision de l'UA, a quelque peu douché les espoirs.

"Je n'ai pas l'impression que les chefs d'État et de gouvernement feront le déplacement jusqu'à Bujumbura, juste pour avoir un avis sur une question. Tout le monde est au courant de la position du Burundi", a-t-il affirmé à Addis-Abeba.

>> À relire sur France 24 : "Amnesty International dévoile les images de fosses communes potentielles"

Le président Nkurunziza, absent au sommet, avait promis de "combattre" la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) comme "une force d'invasion et d'occupation".

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise au Burundi, qui a poussé 230 000 personnes à l'exil. La capitale est désormais le théâtre de nombreuses exécutions extrajudiciaires, d'accrochages nocturnes réguliers, tandis que les auteurs d'un coup d'État avorté en mai ont promis de renverser le gouvernement par les armes si nécessaire.

Avec AFP

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