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FRANCE

Une pétition contre la Loi travail recueille plus de 200 000 signatures en quatre jours

Joël Saget, AFP
Joël Saget, AFP La ministre du Travail Myriam El Khomri
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Vidéo par : FRANCE 3
4 mn

Une pétition contre le projet controversé de réforme du Code du travail, lancée à l'appel de militants associatifs et de syndicalistes, connaît un important succès en ligne. Le site recense les critiques d’un certain électorat de gauche exaspéré.

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Ils sont déjà plus de 200 000 à vouer le projet de loi travail du gouvernement français aux gémonies. Lundi 22 février, à 15h33, 217 943 internautes avaient signé la pétition mise en ligne il y a quatre jours seulement contre le texte défendu par la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Une telle mobilisation en si peu de temps est rare pour la plateforme de pétition Change.org. L'initiative est à l'origine de personnes aux parcours syndical et politique fort.

La violence des commentaires laissés par les signataires souligne aussi à quel point cette réforme, qui doit être présentée en Conseil des ministres le 9 mars, ulcère ceux qui se réclament du “peuple de gauche”. “J’ai honte pour cette classe politique qui ne respecte rien et s’incline devant le patronat qui jubile”, s’insurge l’un des signataires. “Je signe parce que je suis de gauche”, écrit en lettres capitales un autre.

“Retour au temps de Germinal”

La plupart des insatisfaits déplorent aussi un retour en arrière tel cet internaute qui “n’a pas envie de vivre comme en 1850 et redevenir un esclave”. Ou cet autre qui a signé “parce que c’est un retour au temps de l’Assommoir et de Germinal [romans sociaux de la fin du XIXe d’Émile Zola, NDLR]”

La pétition dresse une liste des mesures contenues dans la loi qu’il conviendrait selon eux de combattre. Un inventaire rapide et parfois approximatif, comme le souligne le quotidien “Liberation”. Les pétitionnaires affirment ainsi que “les 11 heures de repos obligatoires par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées” si la réforme est acceptée, alors que ce changement ne concernerait que les salariés au forfait.

Mais les auteurs de cet appel aux armes ont poussé la démarche un peu plus loin. Ils ont mis en ligne un site internet intitulé loitravail.lol, ce qui en dit long, afin d'étudier la loi travail plus en profondeur, [Lol est un acronyme pour laugh out loudly, qui signifie mort de rire]. Les opposants au projet de réformes y détaillent 11 mesures qui leur paraissent inacceptables. Le plafonnement à 15 mois de salaires pour les indemnités prud’homales en cas de licenciement illégal, le fait que le temps d’astreinte puisse être décompté du temps de repos ou l’assouplissement des conditions pour mettre en place un plan social font partie de ce requisitoire.

Une pétition au succès éclair, un site très bien conçu pour rendre compréhensible les critiques au plus grand nombre : les auteurs de cet assaut numérique contre le projet de réforme ne semblent pas être des internautes lambda.

Ancienne du cabinet de Najad Vallaud Belkacem

Ainsi, Caroline de Haas, qui a mis en ligne la pétition, ne sort pas de nulle part. Cette trentenaire était cofondatrice du réseau Osez le féminisme en 2009. Trois ans plus tard, elle se retrouve au cabinet de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Elle quitte le parti socialiste en 2014 sans déserter la politique puisqu’elle va mener la liste ”Féministe pour une Europe solidaire” en Île-de-France aux élections européennes de 2014. Enfin, en janvier 2016, elle cofonde “Primaire de gauche”, un collectif de personnalités appelant à une primaire qui dépasse le simple cadre du PS.

Par ailleurs, Sophie Binet, que “Libération” présente comme l’une des principales organisatrices de cette révolte numérique contre la réforme du Code du travail, est secrétaire générale adjointe de la CGT pour les “ingés, cadres tech”. Une protestation socialement mais donc aussi politiquement motivée.

Une initiative qui semble ne pas être passée inaperçue au gouvernement. Coïncidence ou non, un “vrai-faux sur la loi travail” a été mis en ligne samedi 20 février, le lendemain du lancement de la pétition.

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